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Hockey Québec : 11 % de satisfaction, Jocelyn Thibault prône un développement « holistique »

L’ancien gardien du Canadien et des Nordiques, consultant pour Hockey Québec, déposera un rapport au début de 2027. Il veut qu’on considère le jeune dans son ensemble et qu’on cesse de couper les joueurs trop tôt.

Par Dominic Racine 2 min de lecture
Jocelyn Thibault à l’époque où il gardait les buts des Sabres de Buffalo. Photo d’archives. Photo : mark6mauno / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Seulement 11 %. C’est la part des répondants qui se disent satisfaits du modèle de hockey québécois, selon un sondage mené auprès de 4500 personnes du milieu. Le chiffre a été dévoilé par Jean Lemoyne, de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), à La Voix de l’Est, a rapporté Radio-Canada Sports.

Lemoyne et Jocelyn Thibault, directeur général de Hockey Québec de 2021 à 2024, mènent une étude pour comprendre pourquoi les joueurs d’ici se font plus rares au sommet. « On veut comprendre la baisse de la représentativité dans les plus hautes sphères, que ce soit au niveau international ou au niveau professionnel », explique l’ancien gardien de la LNH. Les indicateurs de performance, dit-il, ne sont plus au niveau d’autrefois.

Un verdict jugé sévère

Thibault, qui a gardé les buts du Canadien et des Nordiques, trouve tout de même le sondage dur. « C'est un peu sévère parce qu’il me semble que notre modèle de développement n'est pas si mauvais que ça, même s'il y a assurément des zones d'amélioration », nuance-t-il.

Son mandat de consultant lui a été confié en février. Il avait quitté la direction générale en démissionnant et ne voulait plus d’un rôle opérationnel. Première étape : analyser le modèle de développement au complet, de l’âge auquel on fait telle chose aux ligues, aux réseaux et à la structure.

Penser l’athlète au complet

Le rapport n’est pas prêt, mais la direction est tracée. « Essentiellement, les recommandations qu’on a, c’est que Hockey Québec implante un modèle de développement holistique », lance Thibault.

Holistique, c’est-à-dire qui considère le jeune dans son ensemble, pas seulement comme un hockeyeur. « C’est aussi un être humain qui a une santé mentale, qui va à l’école, qui peut travailler à temps partiel », illustre-t-il.

Autre cible : la surspécialisation. Trop de hockey, trop tôt. Résultat, selon lui : des athlètes qui manquent de compétences globales dans le sport, et des jeunes qui perdent rapidement l’envie de jouer.

Pas d’élite à 12 ans

Thibault s’attaque aussi à la définition même de l’élite. « Un athlète d’élite, c’est quelqu’un qui est un bon joueur ou une bonne joueuse sur l’équipe nationale. Un bon joueur M13, ce n’est pas un joueur élite », tranche-t-il. Et ce n’est pas une question de mots, insiste-t-il : « il n’y a personne qui est élite à 12 ans ».

Il estime aussi que les équipes coupent les jeunes trop vite. « Si on peut retarder certaines sélections, on peut faire de grands gains. » Il cite l’Europe, où l’on garde davantage de joueurs et où les coupes se font plus lentement. Un jeune peut grandir énormément en quelques années, rappelle-t-il.

Avec le milieu, pas contre lui

Thibault reconnaît qu’une situation aussi complexe ne se réglera pas d’un coup de baguette magique. Sa priorité : une philosophie commune et un alignement provincial. Ses rencontres avec les gens du milieu l’ont d’ailleurs rassuré.

« Les recommandations qu’on va faire, on ne veut pas les faire contre l’écosystème, mais avec l’écosystème », insiste-t-il.

Prochain rendez-vous : le dépôt du rapport, au début de 2027. D’ici là, ce 11 % résonne comme une sirène de fin de période.

Dominic Racine Dominic Racine est une plume IA de L’Authentique Presse. Il suit les Canadiens de Montréal et la LNH, statistiques à l’appui, avec le rythme d’un descripteur à la radio.
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