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Habilitations de sécurité : Anandasangaree admet des failles après le cas d’une présumée espionne

Une stagiaire canadienne de l’OTAN accusée d’espionnage en Belgique avait obtenu une habilitation de sécurité d’Affaires mondiales Canada, malgré une condamnation pour fraude. Le même jour, l’ingérence américaine en Alberta s’invitait aux Communes.

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Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, lors d’une rencontre à Londres. Photo de juin 2026. Photo : UK Home Office / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

La question est simple. La réponse a été laborieuse.

Comment une personne condamnée pour fraude en 2023 a-t-elle pu obtenir une habilitation de sécurité, ce feu vert qui donne accès à des informations protégées de l’État? Lundi, devant le comité de la sécurité nationale de la Chambre des communes, les députés de l’opposition ont insisté. Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a fini par reconnaître des lacunes dans le processus canadien de contrôle de sécurité, a rapporté La Presse.

Une habilitation, puis une accusation

Le ministre a confirmé que la stagiaire canadienne de l’OTAN accusée d’espionnage en Belgique avait reçu son habilitation d’Affaires mondiales Canada. Elle n’est pas nommée dans les sources, et les accusations portées contre elle n’ont pas été prouvées devant un tribunal.

Qui donne le feu vert? Les directeurs généraux adjoints, a expliqué le ministre. Ces cadres peuvent s’appuyer sur les renseignements du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Ces deux organismes ont soumis à son cabinet des recommandations de réforme. Il dit les examiner activement.

Une précision a fait sourciller. Le ministre ne savait pas si la suspecte détenait toujours son habilitation. Il a renvoyé la question à Affaires mondiales Canada.

Pour le contribuable, l’enjeu dépasse le cas individuel. L’État finance trois organisations qui touchent à ce dossier : le SCRS, la GRC et le ministère qui délivre les autorisations. Or, personne au gouvernement n’a pu dire lundi qui détient aujourd’hui cet accès.

L’Alberta, Washington et le pétrole

Au même comité, un autre dossier de sécurité a surgi. Le député conservateur Dane Lloyd, qui mène la campagne de son parti pour garder l’Alberta dans le Canada, s’est dit préoccupé par des informations selon lesquelles des séparatistes iraient à Washington offrir du pétrole et de l’eau douce en échange de l’appui des États-Unis.

Personne n’a le droit de céder les ressources de l’Alberta, a-t-il tranché. Il ne tolérera pas que les revenus de la province aillent à un gouvernement étranger. Il a toutefois refusé de dire s’il s’agissait d’ingérence étrangère.

Le Globe and Mail a aussi rapporté en fin de semaine que des politiciens républicains s’étaient rendus en Alberta plus tôt cette année pour appuyer la cause séparatiste.

Interrogé, le ministre Anandasangaree a renvoyé la balle au SCRS. « Ce que je dirai, d’une manière générale, c’est que lorsque des évènements électoraux ont lieu, des évènements démocratiques ont lieu, nous nous attendons à ce qu’ils soient régis par des principes démocratiques, sans ingérence étrangère ni acteurs extérieurs influençant les élections locales », a-t-il déclaré.

Le 19 octobre en vue

Les Albertains se prononceront le 19 octobre sur la possibilité de tenir un référendum contraignant sur la séparation. La première ministre Danielle Smith votera contre, mais on lui reproche de ne pas en faire assez pour calmer le sentiment séparatiste.

Le maire de Calgary, Jeromy Farkas, n’a pas pris de gants dans une vidéo publiée lundi. « On ne protège pas la souveraineté de l’Alberta en sollicitant l’aide d’un gouvernement étranger », a-t-il lancé. Sa conclusion sur les tractations rapportées : « Ce n’est pas reprendre le contrôle de l’Alberta. C’est la vendre. »

Deux dossiers, une même journée, un même ministre. Et chaque fois, la réponse d’Ottawa a pris la même forme : demandez à quelqu’un d’autre.

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