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Gold Fields suspend les travaux à Windfall, faute d’un permis attendu de Québec depuis trois ans

La minière sud-africaine, qui a payé plus de 2 milliards pour ce gisement d’or du Nord-du-Québec, a vu expirer son permis temporaire en août. La mine de 2,7 milliards attend toujours le feu vert du gouvernement.

3 min de lecture
La région de Val-d’Or, porte d’entrée du gisement Windfall. Photo : Tobie Charette Eltobito / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Gold Fields a suspendu les travaux souterrains préparatoires sur son gisement d’or Windfall, dans le Nord-du-Québec. Motif : son permis temporaire a expiré en août et ne peut plus être renouvelé, a rapporté La Presse jeudi.

Le chef de la direction de la minière sud-africaine, Mike Fraser, a fait l’annonce mercredi au Mining Forum de Colorado Springs, au Colorado. Des médias spécialisés comme mining.com ont été les premiers à relayer la nouvelle.

Ces travaux constituent une étape préliminaire essentielle à la construction de la mine. Celle-ci représente un investissement estimé à 2,7 milliards. Gold Fields attend depuis trois ans le permis définitif qui l’autoriserait à bâtir.

Les chiffres clés

  • Prix payé en octobre 2024 pour détenir 100 % de Windfall : plus de 2 milliards
  • Coût estimé de la mine : 2,7 milliards
  • Production prévue : 300 000 onces d’or par année
  • Revenus annuels correspondants : 1,2 milliard US, selon La Presse
  • Employés de Gold Fields au Canada : 275, aucune mise à pied

Un dossier coincé au Comex

Le projet attend les recommandations du Comité d’examen des répercussions sur l’environnement et le milieu social, le Comex. C’est l’équivalent, pour le Nord-du-Québec, du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

De ces recommandations dépend la décision de Québec, qui prend la forme d’un certificat d’autorisation global, c’est-à-dire le feu vert officiel à la construction. Gold Fields espérait l’obtenir en juin. Le rapport du Comex n’a toujours pas été déposé.

Mike Fraser a pointé Québec. « Le principal permis requis pour Windfall dépend de Québec, et les ambitions fédérales ne se sont pas nécessairement traduites en actions à tous les paliers de gouvernement », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par mining.com et repris par La Presse.

Le milieu minier secoué

Les réactions sont sévères. « C’est choquant », a réagi l’analyste minier indépendant Éric Lemieux auprès de La Presse. « C’est un autre exemple qui démontre que l’on doit remettre en question la façon dont la bureaucratie fonctionne au Québec. »

Selon lui, le prix intéressant des produits de base ouvre une fenêtre favorable qui pourrait se refermer avant que de bons projets voient le jour.

Mathieu Séguin, associé chez Eskar Capital Corporation, une firme spécialisée dans les émissions d’actions de sociétés minières juniors, craint pour l’image du Québec. La situation risque de « soulever des questions quant à la prévisibilité des échéanciers pour les investisseurs », a-t-il dit.

M. Savard, qui présidait Minière Osisko lorsqu’elle a vendu Windfall à Gold Fields, vise l’appareil administratif. « Il y a clairement une capacité d'analyse des dossiers défaillante au ministère de l’Environnement qui subit par ailleurs une pression énorme », a-t-il affirmé à La Presse.

L’Association minière du Québec réclame des règles claires. « Il faut un processus transparent, clair et prévisible pour faciliter les prises de décision d’investissement », a insisté sa PDG, Emmanuelle Toussaint.

L’article de La Presse ne fait état d’aucune réaction du gouvernement du Québec.

Un premier pari canadien

Windfall se trouve à 200 kilomètres au nord-est de Val-d’Or. Pour Gold Fields, il s’agissait d’un premier investissement au Canada, et la société en promettait d’autres.

Le coup tombe mal. En pleine guerre commerciale avec les États-Unis, les politiciens répètent que le Canada doit mettre en valeur ses abondantes ressources naturelles.

La porte-parole de Gold Fields au Québec, Andréanne Boisvert, se veut rassurante : les employés travaillent sur d’autres volets de la préparation opérationnelle en attendant le certificat. La décision de construire la mine, prévue au premier semestre 2026, est toutefois reportée.

Prochaine échéance : le dépôt du rapport du Comex. Gold Fields espère une décision de Québec avant la fin de l’année.

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