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Politique

Ghazal promet d’interdire les lock-out, Duhaime courtise Nicolet-Bécancour à trois jours du vote

De passage à Trois-Rivières, sur une ligne de piquetage chez Siemens, la porte-parole de Québec solidaire a réitéré son engagement d’interdire les lock-out. Sur l’autre rive, Éric Duhaime effectuait une troisième visite dans une circonscription que le PCQ espère arracher.

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Le pont Laviolette relie Trois-Rivières, où Ruba Ghazal a fait campagne vendredi, à Bécancour, sur la rive sud. Photo d’archives. Photo : KimonBerlin / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Québec solidaire (QS) interdirait les lock-out s’il formait le prochain gouvernement. Ruba Ghazal l’a réaffirmé vendredi après-midi à Trois-Rivières, devant les syndiqués de Siemens, à l’occasion de son premier arrêt dans la région depuis le début de la campagne, ont rapporté Le Soleil et Le Droit.

Le lock-out désigne la fermeture temporaire d’un lieu de travail décidée par l’employeur au cours d’un conflit avec ses salariés; il est, en quelque sorte, le pendant patronal de la grève. La porte-parole solidaire le tient pour une pratique d’un autre âge. « À Québec solidaire, on a un engagement très clair, puis on va continuer de nous battre pour les droits des travailleurs. On veut interdire les lock-out qui sont totalement en contradiction avec les droits des travailleurs », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter, avec indignation : « On n’est pas en 1950! »

Le parti invoque l’exemple européen : une telle interdiction serait déjà en vigueur en France, en Espagne et au Portugal, des pays « où les droits de travailleurs ne sont pas bafoués », selon les mots de Mme Ghazal.

Un conflit qui s’étire chez Siemens Énergie

La visite a permis de faire le point sur le conflit de travail chez Siemens Énergie. Le président de la section locale 8396 du Syndicat des Métallos, Michael Proulx, a indiqué que des pourparlers étaient en cours pour un retour à la table de négociation la semaine prochaine. La dernière journée de négociation remonte au 30 juillet.

L’employeur, de son côté, souligne que 38 séances de négociation ont eu lieu jusqu’ici. Siemens Énergie se dit « engagée à travailler de façon constructive avec l’ensemble des parties » afin d’en arriver à une entente et de permettre un retour à la normale.

Ce que cela changerait

L’engagement solidaire toucherait directement l’équilibre des forces dans les relations de travail : l’employeur perdrait un moyen de pression, tandis que rien, dans les propos rapportés, n’indique que le droit de grève serait modifié. Aucune organisation patronale ni aucun autre parti n’a réagi à cette promesse dans les sources consultées.

Le reste du discours de Mme Ghazal visait l’électeur tenté par le vote stratégique. « Il y en a qui vous ont dit de voter stratégique. Moi, je vous dis de voter avec votre cœur », a-t-elle lancé. Elle a promis que son parti serait « le rempart contre les coupes dans nos services publics, contre l’austérité qui est promise par tous les partis politiques ». Le rôle de l’État, a-t-elle plaidé, « c’est de prendre soin du monde ».

La question du financement de cet État protecteur, et de la facture qui en découlerait pour les contribuables, n’a pas été abordée lors de cet arrêt, selon les comptes rendus publiés.

Duhaime sur la rive sud

À peu près au même moment, de l’autre côté du fleuve, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, s’arrêtait dans une épicerie de Pierreville en compagnie de son candidat dans Nicolet-Bécancour, Guillaume Langlois, avant de se rendre à Bécancour pour un rassemblement. Il s’agissait de sa troisième visite dans la circonscription.

Le choix n’a rien de fortuit. Le modèle de projection électorale Qc125, établi à partir de sondages récents, place à égalité les candidats conservateur et péquiste dans Nicolet-Bécancour.

« On partait avec 19 % de retard quand je me suis annoncé », a rappelé M. Langlois, qui croit en ses chances. « Nous, ça a monté tout le long. Ça crée de l’espoir ».

Les électeurs trancheront lundi. Il appartiendra ensuite à l’Assemblée nationale, et à elle seule, de dire si l’interdiction des lock-out franchira un jour l’étape de la ligne de piquetage.

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