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Opinion
Chroniqueur anonyme

Gaz naturel : le nouveau Parlement doit rouvrir la porte que Québec a cadenassée

Le monde consomme toujours plus de gaz, l’Europe et l’Asie cherchent des fournisseurs fiables, et le Québec s’est interdit jusqu’à la recherche dans son propre sous-sol. Un gouvernement minoritaire, c’est l’occasion de réparer l’erreur.

2 min de lecture
Appareil de forage gazier au milieu des champs, en Europe de l’Est (photo de 2014). Photo d’illustration. Photo : ReAl / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Pendant que l’Allemagne et la Grande-Bretagne signent des contrats pour acheter du gaz naturel liquéfié produit en Colombie-Britannique, le Québec, lui, regarde passer le train. Pas parce qu’il n’a pas de gaz. Parce qu’il s’est interdit de le chercher.

On connaît la chanson. Dès que le gaz revient dans le débat, les mêmes voix ressortent le même vieux disque. Dans un texte publié dans le Forum des affaires de La Presse, un auteur le dit sans détour : la mise en valeur du gaz de notre sous-sol représente une occasion en or pour la prospérité des Québécois. Et des investisseurs étaient prêts à risquer leur propre argent pour le faire. Leur propre argent. Pas le vôtre. Pas celui d’un ministère.

Ce qui les a arrêtés, ce n’est pas la géologie. C’est une série de lois toujours plus restrictives, jusqu’à l’interdiction pure et simple de la recherche.

Des chiffres d’une autre époque

L’argument préféré des opposants tient en un puits. Un seul. Foré à partir de 2007. Avec les coûts de l’époque, il n’aurait pas été rentable, nous dit-on. Fin de la discussion.

Vraiment? Ce puits expérimental, selon une estimation citée dans le même texte, pouvait produire 1,3 milliard de pieds cubes de gaz, de quoi chauffer environ 25 000 résidences québécoises pendant un an. Et la technologie de 2007 n’est plus celle d’aujourd’hui. Le forage horizontal va chercher la ressource plus loin à partir d’un seul puits. Les coûts ont baissé. Les méthodes sont plus précises.

En Ohio et en Pennsylvanie, des puits forés dans une formation rocheuse semblable affichaient des performances comparables à l’époque. En 2016, la région produisait 8,5 milliards de pieds cubes par jour. Par jour. Et les producteurs ne semblent pas s’en porter plus mal.

Juger le gaz québécois avec un puits de 2007, c’est juger le téléphone intelligent d’aujourd’hui avec le premier modèle sorti de l’usine.

La demande, elle, n’attend pas

En 2007, la planète consommait 106 billions de pieds cubes de gaz naturel. En 2024, c’était 149 billions. Les prévisions évoquent 198 billions en 2050. Ceux qui annoncent la fin du gaz depuis des années devraient regarder ces chiffres en face.

Et les clients cherchent justement des partenaires stables, démocratiques, fiables. Le Québec coche toutes les cases. Sauf une : il refuse de vendre.

Pendant ce temps, on se demande comment financer les hôpitaux, les routes, les écoles et la mise à jour économique promise cet automne par le nouveau gouvernement. Des redevances, des emplois bien payés dans les régions, des investissements privés : la réponse dort sous nos pieds. Les régions ne demandent pas la charité. Elles demandent le droit de travailler.

Un Parlement où tout se négocie

Le Parti québécois gouvernera avec 59 sièges sur 127. Chaque projet de loi devra rallier au moins un parti d’opposition. C’est une occasion. Les députés qui croient à la création de richesse, et il y en a beaucoup plus qu’avant dans ce Salon bleu, peuvent mettre la question sur la table : on lève l’interdiction de chercher, on laisse les investisseurs prendre leurs risques, on encadre, on perçoit des redevances.

Le pire scénario serait de continuer à importer l’énergie qu’on refuse de produire, en se félicitant de notre vertu.

Aux donneurs de leçons qui nous expliquent depuis des années que le gaz québécois ne vaut rien, une proposition simple : laissez donc ceux qui risquent leur propre argent vous prouver le contraire.

Les textes d’opinion n’engagent que leurs auteurs.

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