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Gatineau perd ses directeurs des finances et des loisirs au profit de Laval, à l’approche du budget

Deux hauts cadres de la Ville de Gatineau partent pour Laval cet automne, dont le directeur des finances, qui quittera après l’étude d’un budget de fonctionnement de 925,6 millions de dollars.

2 min de lecture
Le centre-ville de Gatineau, en 2022. Photo : Harleyd613 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

L’Outaouais vient de voir filer deux directeurs de service de sa plus grande ville. Le directeur du Service des finances de Gatineau, M. Kouamé, et Sébastien Vallée, qui dirige le service responsable des loisirs et des sports, partent tous deux pour la Ville de Laval, a rapporté Radio-Canada.

Le calendrier n’a rien d’anodin pour les contribuables gatinois. M. Kouamé, en poste depuis moins de deux ans, restera jusqu’à l’étude des budgets, prévue du 2 au 6 novembre, avant de commencer à Laval le 16 novembre, selon la municipalité lavalloise. Son successeur héritera d’un budget de fonctionnement de 925,6 millions de dollars en 2026, c’est-à-dire l’argent qui finance chaque année les activités courantes de la ville.

M. Vallée, lui, quitte Gatineau le 16 octobre et sera en poste à Laval dès le 19. Pour lui, c’est un retour à la maison : c’est à Laval qu’il a amorcé sa carrière municipale, en 2007, a-t-il écrit sur LinkedIn.

Un mouvement normal, dit la Ville

À l’hôtel de ville, on ne dramatise pas. Le président du comité exécutif, Steve Moran, voit dans ces mouvements une réalité normale des grandes villes, à une époque où les expertises du personnel gatinois sont, selon lui, « naturellement sollicitées par d’autres villes ».

Dans l’opposition, Gatineau Ensemble se montre compréhensive. Sa porte-parole en matière de gestion financière, la conseillère du district de Limbour Julie Bélisle, juge normal de vouloir retourner à ses racines en cours de carrière. « L’objectif ultime, c’est de recruter des gens de talent. On veut les conserver le plus longtemps possible », a-t-elle toutefois rappelé.

La conseillère s’inquiète surtout du transfert des dossiers à la veille de l’exercice budgétaire. Elle souhaite que les deux successeurs soient recrutés le plus vite possible, pour que les services aux citoyens n’en souffrent pas, et se dit rassurée que le directeur des finances soit encore là pendant l’étude des budgets.

Des dossiers coûteux en suspens

Le prochain responsable des sports et des loisirs n’arrivera pas dans un bureau tranquille. Il devra piloter la mise à niveau ou le remplacement de piscines municipales souvent vétustes, et la fermeture possible de plusieurs patinoires extérieures. Ce sont précisément le genre de dossiers où chaque décision se chiffre en millions pour les contribuables, et où la continuité de la gestion compte.

Les chasseurs de têtes changent la donne

Pour Gilles LeVasseur, qui enseigne la gestion et le droit à l’Université d’Ottawa, la loyauté envers une seule municipalité appartient au passé. Le recours aux chasseurs de têtes, explique-t-il, permet aux villes d’aller chercher des experts à l’extérieur et d’éviter le favoritisme à l’interne.

Le revers de la médaille, selon lui : « les petites municipalités vont souvent perdre leurs étoiles ».

C’est la logique d’un marché du travail ouvert, et elle a ses vertus : les villes qui veulent garder leurs meilleurs gestionnaires doivent leur offrir des raisons de rester. Pour Gatineau, la question est concrète. Une administration qui gère près d’un milliard de dollars par année a tout intérêt à ce que ses cadres restent assez longtemps pour mener ses grands chantiers à terme.

Vu de l’Outaouais, le constat est simple : cette fois, c’est la couronne de Montréal qui est venue chercher les talents.

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