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Fulgore tacheté détecté à Windsor : vignes, pommiers et érables de l’Estrie sous surveillance

L’insecte, absent du Québec, menace des cultures qui font vivre des régions. Un expert du Centre régional de l’environnement de l’Estrie estime qu’une détection précoce permettrait de l’éradiquer à moindre coût.

2 min de lecture
Un vignoble en automne. Photo d’illustration. Photo : Gonzalo Acuña / Pexels

En Estrie, on surveille l’arrivée possible d’un visiteur dont personne ne veut. À la mi-septembre, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé la première présence au pays du fulgore tacheté, un insecte originaire d’Asie, à Windsor, en Ontario. Aucune population établie n’a pour l’instant été confirmée au Canada, et l’insecte n’est pas encore au Québec, rapporte Le Soleil.

Les autorités ont appliqué un protocole strict pour limiter les déplacements de l’insecte et du matériel réglementé, notamment les végétaux possiblement infestés. Autour de Windsor, la surveillance continue : il faut établir jusqu’où s’étend la détection avant de décider des étapes suivantes.

Un ravageur qui aime les cultures d’ici

Le fulgore tacheté (Lycorma delicatula) ressemble à un papillon, mais fait partie des hémiptères et se rapproche davantage du puceron ou de la punaise. Adulte, il mesure environ 2,5 cm. Introduit aux États-Unis en 2014, il est maintenant présent sur toute la côte est américaine et dans des États des Grands Lacs voisins de l’Ontario. Il s’en prend à une centaine d’espèces de végétaux et d’arbres, et raffole surtout des vignes, des pommiers et des érables.

David O’Connor, du CRE de l’Estrie (Centre régional de l’environnement), où il gère des projets, rappelle que l’agrile du frêne, un autre insecte ravageur, cause déjà des impacts « atroces » sur les frênes. Avec le fulgore, il s’agit de centaines d’espèces, alors que le Québec compte beaucoup de vignes, de pommiers et d’érables. « On parle de grandes sources économiques de l’Estrie, et de la province en entier, qui pourraient être affectées », dit-il. L’insecte rend aussi les végétaux plus vulnérables aux maladies, et le miellat qu’il produit peut favoriser les moisissures et les champignons.

Détecter tôt pour éviter la facture

Le fulgore ne voyage pas de lui-même depuis la Chine : son introduction est d’origine humaine. On soupçonne des plantes ou du bois contaminés, avec des œufs. Ces derniers résistent à des températures descendant jusqu’à -25 °C.

Si l’insecte est repéré tôt, il sera possible de l’éradiquer; une fois bien installé, l’exercice devient plus difficile et plus coûteux, souligne M. O’Connor. Des observations ont été confirmées aux États-Unis à moins de 150 km de Sherbrooke, et plusieurs détections ont eu lieu dans des villes que fréquentent les Québécois, dont New York, Philadelphie et Boston. L’insecte s’accroche volontiers aux véhicules pour franchir de longues distances.

Un viticulteur inspecté

Guillaume Leroux, copropriétaire du vignoble Val Caudalie, établi dans la région de Dunham, a reçu la visite d’inspecteurs du MAPAQ, le ministère québécois de l’Agriculture, venus examiner ses terres en raison de la proximité des États-Unis. Il croit avoir été choisi au hasard. Ils n’ont trouvé aucun spécimen. Si l’insecte avait été présent, son entreprise aurait été mise en quarantaine.

Les autorités sont proactives en dépistage, constate-t-il, mais il rappelle que l’insecte peut se déplacer dans un sac, un bagage ou une voiture. M. O’Connor insiste sur l’inspection et le nettoyage des véhicules pour freiner les espèces exotiques envahissantes.

Quoi faire si on en voit un

L’insecte est inoffensif pour l’humain. Les citoyens peuvent le capturer dans un sac de plastique ou un contenant transparent, le photographier et le signaler aux autorités, ou sur les applications SENTINELLE et iNaturalist. On peut aussi joindre l’ACIA ou le ministère de l’Environnement.

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