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Frappes russes en Ukraine : 26 morts, dont 19 dans un seul immeuble, et l’hiver qui approche

Une attaque russe de 70 missiles et de drones sur 12 régions a éventré un immeuble résidentiel à Prylouky. Kiev a subi des coupures de courant d’urgence.

3 min de lecture
Immeuble résidentiel endommagé à Borodianka, en Ukraine. Photo d’illustration. Photo : Mykhailo Volkov / Pexels

Un immeuble d’habitation éventré par un missile, des secouristes qui fouillent les gravats et évacuent des corps : l’attaque russe de la nuit a fait au moins 26 morts en Ukraine, selon le dernier bilan des autorités rapporté mercredi par l’Agence France-Presse (AFP) dans La Presse et Le Devoir.

Dix-neuf de ces victimes ont péri dans le même bâtiment, à Prylouky, dans le nord du pays. Le ministère ukrainien de l’Intérieur a ajouté un enfant au bilan en soirée, ce qui porte à cinq le nombre d’enfants tués dans l’immeuble, après « la découverte du corps d’un autre enfant dans les décombres ». Plus de cinquante personnes ont en outre été blessées, selon les secours.

Un bilan qui s’alourdit

Les premiers chiffres étaient moins lourds. Radio-Canada et La Presse Canadienne parlaient plus tôt d’au moins 24 morts, dont 18 à Prylouky (quatre enfants parmi eux) et environ 50 blessés. Le décompte a donc évolué au fil de la journée, à mesure que les équipes de secours progressaient dans les décombres.

70 missiles, 12 régions

Le président Volodymyr Zelensky a décrit une attaque « ignoble » menée avec « 70 missiles au total, dont beaucoup de balistiques », plus difficiles à intercepter, et des drones envoyés sur 12 régions. « L’une des principales cibles était nos infrastructures énergétiques », a-t-il affirmé.

D’autres morts ont été signalés ailleurs : deux à Oleksandrya, deux à Krementchouk, deux dans la capitale. En soirée, la chute de débris d’un drone abattu a tué une femme et fait quatre blessés, ont indiqué les services de secours.

À Moscou, le ministère de la Défense affirme avoir frappé, notamment à Kiev et dans sa région, à Prylouky et à Krementchouk, des usines qui assemblent et stockent des missiles de croisière, en particulier les Flamingo de fabrication ukrainienne, et des drones de longue portée. Les autorités ukrainiennes accusent plutôt la Russie de chercher à détruire systématiquement les infrastructures.

L’Ukraine avait pourtant été prévenue. Radio-Canada rappelle que M. Zelensky avait averti la veille que les services de renseignement s’attendaient à une frappe massive, qui a coïncidé avec le 74e anniversaire du président russe, Vladimir Poutine. Sans munitions pour ses systèmes de défense aérienne Patriot de fabrication américaine, l’Ukraine ne peut pas arrêter les armes balistiques russes, précise le diffuseur public, et elle s’efforce de développer une nouvelle génération d’intercepteurs.

Le réseau électrique touché

Mercredi soir, la municipalité de Kiev a annoncé l’arrêt « provisoire » des transports publics électriques sur la rive droite de la capitale, après « une perte d’alimentation du réseau ». L’opérateur privé DTEK a précisé que des coupures de courant d’urgence avaient été instaurées à la demande de l’entreprise publique Ukrenergo, qui en signale aussi dans plusieurs régions.

L’approche de l’hiver fait craindre la répétition du scénario de l’an dernier, quand la Russie a bombardé sans relâche les sites énergétiques et plongé par moments des millions de foyers dans le noir et le froid.

L’Ukraine a de son côté riposté, selon M. Zelensky, contre deux installations pétrolières et un terrain d’entraînement dans les régions russes de Perm, Samara et Astrakhan. Les autorités russes n’avaient pas commenté dans l’immédiat.

Des sanctions jugées trop faibles

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé sur X : « La Russie mène une stratégie de terreur délibérée. » Sur le plan des sanctions, l’Union européenne vient de viser près de 1600 entités et individus liés à la guerre. Le président ukrainien juge toutefois que « nombreux volets des sanctions » ont été « considérablement affaiblis ». Il rappelle que Vladimir Poutine peut toujours « vendre du pétrole » et fait allusion à la levée récente, à la demande de la France et du Luxembourg, des sanctions contre deux milliardaires russes, Mikhaïl Fridman et Alicher Ousmanov. « Les signaux concernant la levée des sanctions contre des oligarques sont, en réalité, des signaux de normalisation de la guerre », a-t-il déclaré.

À Prylouky, Ioulia Chamraï, 31 ans, a senti le choc de la frappe dans son appartement. Cette attaque, « c’est juste pour briser les gens, la population civile qui dormait paisiblement », a-t-elle dit à l’AFP.

Sur le terrain, les armées restent largement dans l’impasse, plus de quatre ans et demi après l’invasion. Les efforts de paix menés par les États-Unis semblent peu susceptibles d’apporter un soulagement à court terme, note Radio-Canada. Pour les Ukrainiens, la leçon de la nuit est brutale : sans intercepteurs suffisants, l’hiver risque de se jouer dans le noir.

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