mardi 6 octobre 2026Édition du Québec
L’information sans complaisance.
Dollar canadien 0,7029 $ US▲En euros 0,6243 €▼Taux directeur É.-U. 3,75 à 4,00 %Obligations É.-U. 5 ans 5,03 %▼Obligations É.-U. 10 ans 5,27 %▼ Sources : Banque du Canada, Fed de New York, Trésor américain (6 oct.)
En ce moment
Mikaela Shiffrin, 110 victoires en Coupe du monde, délaisse le slalom pour une saison « d’exploration »Exécution ratée au Tennessee : Christa Pike consciente, ses avocats en cour pour faire préserver les preuvesEspagne : le mandat d’arrêt contre Puigdemont levé, grâce à une amnistie qui couvre un détournement de fonds publicsCarney part séduire la Turquie, mais en août, les exportations hors des États-Unis ont reculé de 8,5 %
Faits divers

Exécution ratée au Tennessee : Christa Pike consciente, ses avocats en cour pour faire préserver les preuves

La condamnée qui a survécu à deux injections de pentobarbital le 30 septembre parle de nouveau, selon ses avocats. Ils demandent mercredi une ordonnance pour conserver les numéros de lot des médicaments et les dossiers de l’exécution.

3 min de lecture
Le Capitole du Tennessee, à Nashville, siège du gouverneur Bill Lee, qui a suspendu les exécutions. Photo de 2024. Photo : w_lemay / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Christa Pike, la condamnée à mort qui a survécu à une tentative d’exécution par injection létale le 30 septembre au Tennessee, a repris connaissance et peut parler. Ses avocats l’ont annoncé mardi dans un communiqué rapporté par La Presse, Radio-Canada et Le Figaro.

« Son rétablissement est sans précédent sur le plan médical. Son pronostic demeure incertain, mais nous nous attendons à tout le moins à une longue convalescence », ont-ils écrit, selon Radio-Canada. Ils précisent qu’elle est toujours menottée et entravée à son lit d’hôpital, malgré de graves blessures aux bras.

Le ministère des Services correctionnels du Tennessee n’a fourni aucune information, sauf qu’elle était toujours hospitalisée mardi.

Une audience mercredi

Les avocats de Mme Pike doivent comparaître en cour mercredi. Ils demandent une ordonnance obligeant l’administration pénitentiaire à préserver les éléments de preuve : les numéros de lot des médicaments, les dossiers et les autres renseignements liés à la tentative d’exécution, selon Radio-Canada.

Ils réclament aussi au gouverneur républicain Bill Lee de commuer sa peine en prison à vie sans possibilité de libération. Ils invoquent les violences, notamment sexuelles, qu’elle a subies dès l’enfance et ses « près de 30 ans de détention à l’isolement » dans le couloir de la mort, rapporte La Presse.

L’affaire

Christa Pike, aujourd’hui âgée de 50 ans, a été condamnée à la peine capitale pour avoir torturé et assassiné une camarade de classe de 19 ans en 1995. Elle avait elle-même 18 ans. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine de mort.

Elle devait être la première femme exécutée au Tennessee depuis plus de 200 ans. Selon des témoins, elle a continué de respirer et de ronfler de façon audible après deux injections de pentobarbital, un puissant barbiturique.

Le Death Penalty Information Center, un observatoire de la peine de mort, parle d’« une exécution ratée sans comparaison à l’époque moderne ». Selon lui, elle est « la première personne à survivre à l’injection de doses létales de produits utilisés pour les exécutions ».

Un État qui n’arrive pas à appliquer son propre protocole

L’échec pose d’abord une question d’efficacité de l’État. Le gouverneur Lee a suspendu les exécutions et ordonné une enquête indépendante. Samedi, il a accepté la démission du chef de l’administration pénitentiaire. Celle-ci affirme avoir suivi à la lettre le protocole en vigueur depuis la reprise des exécutions en mai 2025, après un moratoire de trois ans décrété en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle.

Plus tôt cette année, l’exécution d’un autre détenu, Tony Carruthers, avait été interrompue parce que les bourreaux n’arrivaient pas à poser un cathéter, a rappelé Radio-Canada.

Le problème dépasse le Tennessee. Selon le politologue Austin Sarat, du Amherst College, un peu plus de 7 % des exécutions par injection létale ont échoué aux États-Unis jusqu’en 2010, un taux qui approcherait maintenant 8 %. L’association médicale américaine interdit à ses membres d’y participer : ce sont souvent des gardiens de prison qui s’en chargent. Et devant le refus de plusieurs fabricants, des États achètent leurs produits auprès de pharmacies de préparation, qui échappent aux règles de la Food and Drug Administration, l’agence fédérale du médicament.

Certains États reviennent à d’anciennes méthodes. L’Idaho a fait du peloton d’exécution sa méthode principale en juillet. Et quelques jours après l’échec du Tennessee, Donald Trump a approuvé l’exécution par peloton du major Nidal Malik Hasan, auteur de la fusillade de Fort Hood en 2009, a rapporté Le Devoir.

Au Canada, la peine de mort a été retirée du Code criminel en 1976.

La suite

L’audience de mercredi dira si les preuves de la tentative d’exécution seront mises à l’abri. Le gouverneur, lui, n’a pas encore répondu à la demande de commutation.

Infolettre gratuite

Le Briefing

L’essentiel de l’actualité québécoise, sans complaisance. Chaque matin à 6 h 30, lu en 5 minutes.

Désabonnement en un clic. Aucun partage de votre adresse.

À lire aussi