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Économie

États-Unis : l’inflation reste à 3,4 % en août, une accalmie qui tient surtout à la statistique

L’indice préféré de la Réserve fédérale paraît plus modéré que prévu, mais seulement à cause d’une révision de méthode. Le prix du diesel menace déjà les chiffres de septembre.

2 min de lecture
Le siège de la Réserve fédérale américaine, à Washington. Photo : Federal Reserve / Wikimedia Commons (domaine public)

Les prix ont augmenté de 3,4 % en glissement annuel en août aux États-Unis, c’est-à-dire par rapport à août de l’an dernier, selon l’indice PCE publié mercredi, a rapporté La Presse. Le chiffre est inférieur aux 3,7 % qu’attendaient les investisseurs. L’amélioration n’est pourtant qu’apparente.

L’indice PCE mesure l’évolution des prix des dépenses de consommation des ménages. C’est la jauge de référence de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine. Or, la série statistique a été révisée à la suite d’un changement de méthode, et juillet a été réévalué à la baisse, de 3,7 % à 3,4 %. Août est donc resté exactement au même niveau que juillet. Ni mieux, ni pire.

L’indice des prix à la consommation (CPI) d’août, publié une vingtaine de jours plus tôt, affichait lui aussi une hausse de 3,4 %. Les deux mesures concordent.

Un objectif manqué depuis plus de cinq ans

La Fed vise une inflation de 2 %. Elle rate cette cible depuis plus de cinq ans. En septembre, elle a relevé ses taux pour la première fois depuis l’été 2023, un geste qui avait été décidé en tenant compte de ces révisions, selon l’économiste Diane Swonk, du cabinet KPMG.

Les économistes cités par La Presse sont unanimes sur la lecture des chiffres. « L’inflation est un peu plus proche de l’objectif que dans le rapport précédent, mais cela tient à la manière dont elle est mesurée », note Bill Adams, de Fifth Third Commercial Bank. « Le baromètre a évolué. Le problème d’inflation est resté le même », résume Diane Swonk.

Le diesel, prochain facteur de hausse

La suite s’annonce moins favorable. Depuis août, les prix à la pompe ont fortement grimpé aux États-Unis, ce qui « affectera directement l’inflation » de septembre, prévient Diane Swonk. La hausse la plus marquée touche le diesel, carburant des poids lourds et des tracteurs. Ses effets se répercutent sur le transport, l’agriculture et la construction, puis sur le prix des aliments, des produits et des frais de livraison.

La consommation américaine, elle, tient bon. La croissance du deuxième trimestre a d’ailleurs été nettement révisée à la hausse mercredi. Une économie qui tourne vite avec une inflation tenace : c’est le risque de surchauffe que surveillent les marchés.

L’enjeu est aussi politique. Le coût de la vie domine le débat public à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre.

À surveiller

Deux dates. La prochaine réunion de la Fed, à la fin d’octobre, dira si elle poursuit le resserrement monétaire, soit la hausse des taux pour freiner les prix. Puis l’indice PCE de septembre, le premier à intégrer pleinement la flambée du diesel, confirmera ou non la tendance.

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