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Économie

Emploi aux États-Unis : 29 000 postes seulement en septembre, et le chômage grimpe à 4,2 %

L’économie américaine a créé près de trois fois moins d’emplois que prévu le mois dernier, et les révisions font basculer juillet dans le rouge. Les salaires, eux, progressent moins vite que les prix.

2 min de lecture
Le siège de la Réserve fédérale américaine (immeuble Eccles), à Washington. Photo d’archives. Photo : AgnosticPreachersKid / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le marché du travail américain a nettement ralenti en septembre. Selon les données officielles publiées vendredi, rapportées par La Presse et Le Devoir, l’économie des États-Unis n’a créé que 29 000 emplois nets, alors que les marchés financiers en attendaient environ 85 000.

Le taux de chômage a progressé d’un dixième de point, passant de 4,1 % à 4,2 %.

Un été moins solide qu’annoncé

Le chiffre de septembre n’est pas la seule déception. Les données des mois précédents ont été révisées à la baisse.

Juillet affiche désormais une perte nette de 10 000 emplois. Août compte 133 000 créations de postes, et non plus 162 000 comme on l’avait d’abord annoncé.

Autrement dit, la tendance de l’été était déjà plus faible que ce que laissaient croire les premières estimations.

Une hausse du chômage à nuancer

Tous les économistes ne lisent pas ces chiffres de la même façon. Pour Kathy Bostjancic, économiste chez l’assureur Nationwide, un taux de 4,2 % reste « très bas ».

Selon elle, la hausse ne traduit pas une « faiblesse » du marché. Elle s’explique plutôt par l’arrivée de nouveaux travailleurs : la population active, c’est-à-dire l’ensemble des personnes qui ont un emploi ou qui en cherchent un, a augmenté de 485 000 personnes en un mois. La plupart de ces nouveaux venus occupent un emploi.

Heather Long, économiste à la Navy Federal Credit Union, résume la situation par une formule publiée sur X : « peu d’embauches, peu de licenciements ».

« Le niveau des embauches est meilleur en 2026 qu’en 2025 », note-t-elle. Mais les recrutements restent rares en dehors de la santé et des métiers liés à la construction et à l’exploitation des centres de données.

Les salaires perdent du terrain

Pour les ménages américains, le nœud du problème se trouve ailleurs. En septembre, les salaires ont augmenté en moyenne de 3 % en glissement annuel, c’est-à-dire par rapport au même mois l’an dernier.

L’inflation atteignait 3,4 % en août, la donnée la plus récente. Les prix montent donc plus vite que les paies, ce qui gruge le pouvoir d’achat. Et les prix à la pompe ont bondi depuis.

Le coût de la vie s’est imposé au cœur de la campagne des élections de mi-mandat du 3 novembre, un scrutin important pour le Parti républicain du président Donald Trump.

L’opposition démocrate en a fait son cheval de bataille. « Depuis le début de la guerre de Trump (en Iran, NDLR), les salaires réels ont baissé de 0,7 %, ses politiques désastreuses ne cessant de faire grimper les prix », a dénoncé la sénatrice Elizabeth Warren dans un communiqué, cité par Le Devoir. Les salaires réels sont les salaires corrigés de l’inflation.

À surveiller

Pour la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, le rapport complique l’équation. Elle a relevé ses taux en septembre, une première depuis l’été 2023, pour freiner l’inflation. Elle veut toutefois éviter de fragiliser un marché du travail encore proche du plein-emploi.

Selon La Presse, ce rapport a convaincu nombre d’investisseurs que la Fed ne touchera pas à ses taux directeurs à sa prochaine réunion, à la fin du mois. Cette décision, puis le prochain rapport sur l’emploi, diront si le coup de frein de septembre était un accident ou le début d’une tendance.

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