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Politique

Élections palestiniennes reportées à 2027 : le CIJA presse Ottawa de tenir l’Autorité responsable

Mahmoud Abbas a repoussé à septembre 2027 les élections promises pour 2026, l’une des conditions posées par Mark Carney pour reconnaître l’État palestinien. Un organisme juif canadien demande des mesures concrètes.

3 min de lecture
Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, en Cisjordanie. Photo : أمين / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Que vaut une reconnaissance diplomatique quand les engagements qui la justifiaient ne sont pas tenus? C’est la question que pose le Centre for Israel and Jewish Affairs (CIJA) au gouvernement de Mark Carney, après le report des élections palestiniennes à l’automne 2027.

Qu’est-ce qui a été décidé?

Samedi, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a repoussé de près d’un an les élections législatives, qui devaient avoir lieu le 28 novembre. Par décret, il a fixé au 11 septembre 2027 la tenue de ce scrutin et celle de l’élection présidentielle, qui était attendue au début de 2027, selon l’agence officielle palestinienne Wafa, citée par Le Devoir.

Les Palestiniens n’ont pas élu de Parlement depuis 2006. Le Conseil législatif palestinien, l’équivalent d’une assemblée législative, ne siège plus depuis la rupture de 2007 entre le Fatah, qui dirige l’Autorité palestinienne, et le Hamas, qui contrôle Gaza. Élu président en 2005, Mahmoud Abbas gouverne par décrets malgré l’expiration théorique de son mandat en 2009. En 2021, il avait déjà convoqué des élections, finalement reportées sans date.

Pourquoi Ottawa est-il concerné?

En juillet 2025, Mark Carney avait annoncé l’intention du Canada de reconnaître l’État de Palestine à la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2025. Il liait cette décision à des réformes promises par l’Autorité palestinienne, dont l’engagement de Mahmoud Abbas à tenir des élections générales en 2026, sans participation du Hamas, et à démilitariser le futur État.

C’est ce rappel que fait le CIJA, selon le National Post. « La reconnaissance de l’État palestinien reposait sur plusieurs engagements, dont la tenue d’élections générales en 2026 auxquelles le Hamas ne participerait pas », a écrit David Cooper, vice-président aux relations gouvernementales de l’organisme (traduction libre).

Selon lui, le report, décidé alors que l’Autorité coopère avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien, « soulève de sérieuses questions quant à la volonté des Palestiniens de tenir parole » (traduction libre). « Nous nous attendons à ce que le gouvernement tienne l’Autorité palestinienne responsable de ne pas avoir respecté ses engagements », a-t-il ajouté (traduction libre).

L’organisme va plus loin : si la reconnaissance n’a même pas permis d’obtenir les engagements sur lesquels elle reposait, « les Canadiens méritent de savoir ce que donne l’approche du Canada » (traduction libre).

Que répondent les Palestiniens?

La présidence palestinienne attribue le report aux « obstacles imposés par les mesures israéliennes qui empêchent la tenue des élections à la date initialement prévue ». Les autorités palestiniennes affirment que leurs responsables électoraux ne peuvent se rendre ni à Jérusalem-Est ni dans la bande de Gaza, Israël leur en refusant l’accès. L’analyste Ghassan al-Khatib, ancien ministre de l’Autorité, abonde dans ce sens : « Je ne pense pas que la politique intérieure palestinienne soit la raison de ce report », a-t-il dit à l’AFP.

Les critiques viennent pourtant aussi du camp palestinien. Mohammed Dahlan, à la tête d’une formation dissidente du Fatah, parle d’un « crime contre la démocratie ». « Vous avez peur d’organiser des élections », a lancé Esmat Mansour, un journaliste qui a déjà occupé des fonctions au sein du Front démocratique de la libération de la Palestine. Mercredi, au Caire, quatre factions, dont le Fatah et le Hamas, avaient convenu d’un « dialogue national » et, d’après une personne au fait des échanges, de réclamer que le vote soit repoussé.

Et Israël?

Israël, qui tiendra ses propres élections le 27 octobre, rejette toute responsabilité. Mahmoud Abbas « a une fois de plus trompé la communauté internationale », a réagi sur X le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Et maintenant?

Les sources consultées ne font état d’aucune réaction du gouvernement Carney. La question posée par le CIJA reste donc entière : une reconnaissance accordée sous conditions tient-elle quand l’une de ces conditions n’est pas respectée?

À retenir : une promesse électorale au cœur de la décision canadienne vient d’être repoussée de près d’un an, et le CIJA demande à Ottawa d’expliquer ce que sa politique a permis d’obtenir.

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