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Élections en Israël : faute de vote à l’étranger, des expatriés paient le voyage pour voter

Israël ne permet pas le vote depuis l’étranger. À l’approche du scrutin du 27 octobre, que les sondages annoncent serré, des milliers d’expatriés envisagent de rentrer voter, sur fond de querelle sur le poids de la diaspora.

2 min de lecture
Des voyageurs dans un aéroport. Photo d’illustration. Photo : Angelyn Sanjorjo / Pexels

Contrairement au Canada, aux États-Unis ou à la France, Israël n’offre aucun moyen de voter depuis l’étranger. Pour peser sur le scrutin du 27 octobre, que les sondages disent serré, des milliers d’expatriés s’apprêtent donc à payer eux-mêmes le billet d’avion. Leur mobilisation est devenue en soi un enjeu politique.

L’initiative Fly’n’vote affirme que 33 000 électeurs potentiels ont signalé leur intérêt pour le voyage. L’organisme Aid Coalition, de son côté, épaule les expatriés dans leur organisation et leur recherche de vols à bon prix. La région de New York compte le plus grand nombre de citoyens israéliens hors d’Israël.

Deux lectures opposées

Sébastien Levi, chroniqueur et homme d’affaires installé à New York depuis une dizaine d’années, fera le voyage avec sa femme, Ella. Le couple critique durement le poids de l’extrême droite dans le gouvernement Nétanyahou, la réforme judiciaire de 2023 et les menaces d’annexion de territoires palestiniens évoquées par certains ministres. Les Levi voient ce vote comme un choix de régime. « Je pense que l’enjeu est tellement énorme qu’à un moment donné, il faut juste montrer son dévouement », a-t-il dit à Radio-Canada.

Lior Paster, lui aussi New-Yorkais et partisan de la coalition au pouvoir, a acheté son billet il y a plusieurs mois. Il doute que l’afflux d’expatriés, souvent proches de l’opposition, change l’issue. Depuis les attentats du Hamas du 7 octobre 2023, estime-t-il, beaucoup d’Israéliens partagent la vision du gouvernement : « la seule manière de maintenir la sécurité de l’État d’Israël est d’être alerte et de répondre avec force ».

Qui a le droit de décider?

Le débat dépasse les billets d’avion. En septembre, le Likoud, le parti de Benyamin Nétanyahou, a contesté les activités de l’Aid Coalition, l’accusant d’ingérence électorale. Un compromis a été trouvé : l’organisme n’organise plus directement les vols ni l’hébergement. Le quotidien Haaretz a avancé que le gouvernement songeait à limiter les atterrissages à l’aéroport Ben Gourion avant le vote, ce que la ministre des Transports a démenti.

« Je pense que ceux qui vivent au pays devraient influencer son avenir », a fait valoir le ministre des Communications, Shlomo Khari, du Likoud. Le militant israélo-américain Josh Drill répond que la diaspora subit elle aussi les décisions de la Knesset, le parlement israélien. Il rappelle que les élections se jouent parfois à quelques votes près.

Selon l’Université de Tel-Aviv, quelque 270 000 Israéliens ont quitté le pays depuis l’attaque du Hamas et la guerre à Gaza. Ce départ massif donne au vieux débat sur le vote de la diaspora une portée nouvelle : de la réponse dépendra peut-être, le 27 octobre, la couleur du prochain gouvernement.

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