Duhaime promet zéro impôt québécois sous 35 242 $ de revenu, financé par 47 milliards de compressions
Le chef conservateur fait des baisses d’impôt le cœur de sa campagne : près de 11 000 $ par ménage en moyenne sur cinq ans. La facture serait payée par des coupes de 47 milliards, dont la fermeture de 20 000 postes de fonctionnaires.

« Elle veut dépenser, pas laisser plus d’argent dans les poches des contribuables. »
La cible : Christine Fréchette. Le tireur : Éric Duhaime. La cheffe caquiste venait d’écarter toute baisse d’impôt avant 2029-2030. Le chef conservateur n’a pas attendu. « C’est le même vieux modèle bureaucratique, elle aime les gros gouvernements », a-t-il lancé.
La réplique résume sa campagne. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) promet l’inverse. Des baisses d’impôt. Grosses. Dès le premier mandat.
La promesse
La mesure phare touche le montant personnel de base, soit la portion du revenu sur laquelle on ne paie pas d’impôt. Le PCQ veut le faire passer de 18 952 $ à 35 242 $ d’ici 2030. Selon le parti, « tout contribuable gagnant 35 242 $ ou moins par année ne paiera plus d’impôt québécois sur le revenu ».
Le PCQ calcule une économie moyenne de 1100 $ par ménage en 2027, puis de 3218 $ en 2030. Sur le mandat, le cumul atteindrait 8726 $ en moyenne. Avec ses autres mesures, le parti promet près de 11 000 $ par ménage sur cinq ans.
« Je vais toujours me battre pour que vous gardiez une plus grande part de votre salaire et pour rendre la vie plus abordable », martèle M. Duhaime.
Ce n’est pas tout. Il veut abolir la TVQ sur les biens usagés, ce qui rendrait 867 $ par famille selon ses calculs. Il veut supprimer ce qu’il appelle la « taxe carbone ». Et il propose de réduire graduellement de 59 % l’impôt des entreprises, rapporte Le Devoir.
La facture
Rien n’est gratuit. Pour payer, le PCQ propose de comprimer les dépenses de l’État de 47 milliards sur cinq ans. Le plan passe notamment par la fermeture de 20 000 postes de fonctionnaires. C’est plus que les 12 000 postes visés par les libéraux.
Le pari fait débat. Le Devoir s’est demandé si le parti surestime les retombées de ses baisses d’impôt. Le chef, lui, ne recule pas.
L’école en concurrence
En éducation, Éric Duhaime veut stimuler la concurrence, comme il l’a dit au débat des chefs de Radio-Canada. Les élèves ne seraient plus obligés de fréquenter l’école près de chez eux. De nouvelles écoles privées subventionnées pourraient voir le jour. Le PCQ s’oppose aussi à des états généraux.
Les quatre enseignants interrogés par Radio-Canada sont contre. « J’ai l’impression que leur vraie priorité est de déresponsabiliser le gouvernement pour que ça soit chacun pour soi », juge l’un d’eux, Jonathan St-Pierre.
Le mot qui fâche
Mercredi, le 30 septembre, les journalistes lui ont demandé s’il reconnaît le racisme systémique au Québec. Réponse franche. « Ça pose problème parce que ce n’est pas vrai que les Québécois sont racistes. Pour nous, il n’y a pas de système raciste. » Il nuance : « Oui, il y a du racisme [...] c’est ce mot systémique qui pose problème pour nous. »
Il a aussi rencontré le grand chef de la Nation wendat, Pierre Picard. Il s’est engagé à inclure les nations autochtones aux 17 tables régionales décisionnelles promises par son parti.
Où ça mord
Le terrain est connu. Dans la région de Québec, le sondage Léger publié le 21 septembre plaçait le PCQ à 34 %. Le parti est aussi le deuxième choix de 17 % des électeurs, en hausse de trois points. En région, il courtise l’industrie forestière, ébranlée par la guerre commerciale : révision du régime forestier, réglementation harmonisée par région, plan d’approvisionnement et de reboisement sur dix ans.
Lundi soir, on saura si le message porte au-delà de la capitale. Moins d’impôt, moins d’État : Éric Duhaime n’a jamais caché son jeu. Reste à voir combien d’électeurs veulent, eux aussi, garder plus d’argent dans leurs poches.


