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Culture

Digger : Tom Cruise en magnat du pétrole déjanté sauve une satire d’Iñárritu qui s’éparpille

Le nouveau film d’Alejandro González Iñárritu offre à Tom Cruise un rare rôle comique. La critique du Soleil salue la vedette, mais reproche au récit de se perdre dans deux intrigues qui se marchent sur les pieds.

2 min de lecture
Tom Cruise au Comic-Con de San Diego, en 2013. Photo : Gage Skidmore / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Souvenez-vous de Tom Cruise, méconnaissable et déchaîné, dans Tonnerre sous les tropiques, en 2008. C’était son dernier rôle comique. Il fallait donc un sacré personnage pour le ramener dans ce registre : Digger Rockwell, homme d’affaires mégalomane qui a fait fortune dans le pétrole et qui se lance dans une mission frénétique pour sauver le monde… d’une catastrophe qu’il a lui-même provoquée.

Digger, signé Alejandro González Iñárritu, est le film de la semaine du Soleil. Et le verdict du critique tient en deux temps : une vedette au sommet, un film qui déraille.

Cruise comme on ne l’a jamais vu

D’entrée de jeu, le ton satirique est plaisant, écrit le critique, justement parce que Tom Cruise ne nous a pas habitués à ça. La star campe à merveille cet excentrique qui refuse de prendre la catastrophe au sérieux jusqu’à ce qu’elle devienne inévitable.

Autour de lui, une galerie de personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres, aux répliques savoureuses et à la vulgarité aussi explicite qu’imagée. John Goodman joue le président Compson, que le critique décrit comme une caricature de Donald Trump. Riz Ahmed, en docteur Ganesh, sert de voix de la raison dans ce bestiaire, et sa complicité avec Cruise est l’un des plaisirs du film.

La cible de la satire est claire : le réalisateur s’en prend aux politiciens et aux gens d’affaires qu’il tient pour responsables de la crise climatique. Les références aussi sont limpides. On pense à Docteur Folamour, satire de la guerre nucléaire, et à Don’t Look Up.

Une histoire de trop

C’est là que ça se gâte. Le réalisateur de Birdman et du Revenant tombe dans le piège classique des cinéastes ambitieux : en faire trop.

Le film mène deux trames narratives distinctes, une histoire dans l’histoire, sans rien divulgâcher. Le hic, selon le critique, c’est qu’elles s’entrecroisent tellement qu’on décroche au moment même où la comédie est à son meilleur. La seconde intrigue aurait eu plus de poids si elle avait été révélée à la toute fin, au lieu d’interrompre sans cesse la satire principale.

Il reste de grands moments, dont une scène où Digger Rockwell s’adresse aux politiciens européens, avec une mise en scène grandiloquente jugée remarquable. Mais après un premier tiers bien dosé, Iñárritu pousse le bouchon trop loin et brise l’équilibre qu’il avait trouvé. La construction du scénario est si boiteuse qu’elle torpille les qualités du film, et il en a plusieurs, tranche le critique.

Faut-il y aller?

Le film va diviser, prévient Le Soleil. Mais il y a au moins une certitude : Tom Cruise y livre sans doute l’un de ses rôles les plus marquants depuis longtemps. Il est rafraîchissant, note aussi le critique, de voir une grosse production hollywoodienne oser la comédie satirique avec du mordant.

Notre conseil : allez-y pour Cruise, et pour ce premier tiers qui rappelle les meilleures satires. Pour le reste, prévoyez un peu de patience, et peut-être un deuxième café.

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