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Économie

Diesel : une interdiction d’exportation américaine pourrait faire bondir la facture au Canada

Donald Trump envisage de bloquer les exportations de diesel pour 90 jours. La Chambre de commerce du Canada craint une hausse des prix de gros. Ottawa se dit rassurant.

2 min de lecture
Le diesel a plus que doublé en un an aux États-Unis. Photo : David Huck / Pexels

Il y a un an, le diesel coûtait 2,62 $ US le gallon aux États-Unis. Mercredi, il en coûtait 6,38 $, selon la US Energy Information Administration. Et la facture pourrait encore grimper de ce côté-ci de la frontière.

Le président Donald Trump a indiqué dimanche qu’il évaluait « très sérieusement » la possibilité d’interdire les exportations américaines de diesel, a rapporté La Presse. La mesure pourrait durer 90 jours. Elle est réclamée par des élus républicains d’États agricoles comme l’Iowa ou l’Ohio, où les agriculteurs sont en colère en pleine saison des récoltes.

Qui paierait? La Chambre de commerce du Canada (CCC) a sa réponse. Le marché canadien des carburants est fortement intégré au marché américain, et certaines régions importent du diesel. « Le Canada dispose d’une importante capacité de raffinage, mais celle-ci n’est pas nécessairement située ou configurée de façon à pouvoir remplacer rapidement chaque baril importé », explique Andrew DiCapua, économiste principal à la CCC. Sans exemption pour le Canada, une telle interdiction ferait « vraisemblablement augmenter les prix de gros du diesel », c’est-à-dire le prix payé par les distributeurs avant d’arriver à la pompe.

Et le diesel ne sert pas qu’aux camionneurs. C’est un intrant, une dépense de base, pour le transport, l’agriculture et la construction. Une hausse soutenue « pourrait accentuer les pressions inflationnistes », prévient l’économiste. Traduction : votre épicerie et vos livraisons.

Une flambée qui vient de loin

La guerre menée par les États-Unis en Iran a provoqué la fermeture du détroit d’Ormuz, par où transitait environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel. Le prix du baril a flambé, et celui du diesel encore plus vite, signe d’un manque d’offre dans les raffineries.

Ottawa se veut rassurant

Le ministère des Ressources naturelles dit suivre la situation de près. Sa porte-parole, Charlotte Power, rappelle que le gouvernement Carney a déjà suspendu la taxe fédérale d’accise sur les carburants jusqu’à la fin de janvier 2027. « Le Canada produit actuellement une quantité de diesel égale ou supérieure à sa consommation, ce qui garantit la sécurité de notre marché intérieur », affirme-t-elle.

Ottawa partage d’ailleurs l’avis du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, qui tente de dissuader Donald Trump : selon lui, l’interdiction aurait peu d’effet sur le prix du diesel et risquerait de faire grimper celui de l’essence et du kérosène.

Une taxe suspendue d’un côté, une interdiction possible de l’autre. Entre les deux, une question reste entière : combien de temps les ménages et les entreprises d’ici pourront-ils absorber un carburant dont le prix a plus que doublé en un an chez nos voisins?

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