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Diesel russe : Trump somme Kyiv de cesser ses frappes et réclame un nouveau président ukrainien

Au lendemain d’une entente qui ouvre le marché américain au diesel russe, Donald Trump a pressé Volodymyr Zelensky d’épargner les raffineries russes et suggéré aux Ukrainiens de changer de dirigeant.

3 min de lecture
Pompe à carburant diesel. Photo d’illustration. Photo : Engin Akyurt / Pexels

Le prix du diesel vient de s’inviter au cœur de la guerre en Ukraine. Samedi, Donald Trump a affirmé qu’il était « temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président », rapporte La Presse.

« Je leur suggère de se doter d’un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord », a lancé le président américain devant les journalistes, à la Maison-Blanche. Dans sa mire : les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, qui ne font, à ses yeux, qu’aggraver « le problème mondial » de pénurie de diesel.

« Il a intérêt à arrêter », a-t-il prévenu, en visant directement Volodymyr Zelensky.

Des cargaisons promises dès octobre

La sortie survient au lendemain d’une entente controversée entre Washington et Moscou. Les deux capitales affirment que la Russie fournira 300 000 tonnes de diesel dès octobre, destinées aux États-Unis comme au marché mondial, puis qu’elle portera ses livraisons jusqu’à 1 million de tonnes en décembre. L’entente s’accompagne d’un allègement des sanctions qui visaient les produits pétroliers russes.

Pour la Maison-Blanche, l’enjeu se mesure à la pompe. Les prix du carburant ont bondi aux États-Unis depuis février, quand Washington et Israël ont lancé la guerre contre l’Iran. L’entente doit, en principe, alléger une partie de la facture des ménages américains, alors que des élections législatives cruciales pour le reste du mandat de Donald Trump auront lieu dans moins d’un mois.

Reste la question qui intéresse d’abord les consommateurs : de combien ces livraisons feront-elles baisser le prix du carburant? Les sources consultées ne chiffrent pas l’effet attendu sur les prix.

Kyiv dénonce un cadeau au Kremlin

À Kyiv, la lecture est tout autre. Avant même les propos de Donald Trump, Volodymyr Zelensky avait qualifié l’entente de « décision faible » de la part des Américains, y voyant une occasion lucrative pour Moscou de regarnir ses coffres et de financer sa guerre.

Le président ukrainien a fait le lien avec les bombardements russes de samedi, qui ont fait 21 morts, dont 20 à Zaporijjia, dans le sud-est du pays. « La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijjia », a-t-il déclaré. À Kyiv, des frappes ont aussi causé des pannes de courant et l’arrêt temporaire du métro, selon le maire Vitali Klitschko, qui fait état de six blessés.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a répliqué que Volodymyr Zelensky jouit du « soutien du peuple ukrainien » et qu’il « mérite d’être soutenu ». Le premier ministre britannique, Andy Burnham, lui a assuré sa solidarité au cours d’un appel téléphonique. Berlin, allié militaire de premier plan de Kyiv, s’est contenté de « prendre acte » de la décision américaine, tout en réitérant son appui à l’Ukraine.

Côté russe, Kirill Dmitriev, principal négociateur économique de Vladimir Poutine, a jugé « historiques » les propos du président américain sur l’abandon de son soutien à Volodymyr Zelensky.

Des pourparlers écourtés

Sur le front diplomatique, les discussions tenues vendredi en Floride entre négociateurs américains et ukrainiens ont tourné court : Kyiv a confirmé le départ de sa délégation. L’émissaire de la Maison-Blanche, Steve Witkoff, a malgré tout jugé les échanges « constructives », alors que Volodymyr Zelensky a parlé d’« un écran de fumée » après l’annonce de l’entente sur le diesel.

Donald Trump, lui, assure que Vladimir Poutine, à qui il a parlé vendredi par téléphone, souhaite « fortement » « voir un règlement ». Le Kremlin dit avoir « accueilli avec compréhension » des propositions américaines « de mesures visant à la désescalade », sans préciser lesquelles.

Reste à voir si les cargaisons de diesel rapprocheront Kyiv de la table de négociation, ou l’en éloigneront.

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