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Économie

Diesel à 289,3 ¢ le litre à Québec : pourquoi il coûte désormais 92,5 ¢ de plus que l’essence

Le raffinage ne suffit pas à expliquer l’écart. Selon deux experts, c’est la hausse des ventes canadiennes de produits raffinés à l’étranger, liée à deux conflits, qui a tiré les prix vers le haut au pays.

2 min de lecture
Un plein de carburant à la station-service. Photo d’illustration. Photo : Engin Akyurt / Pexels (licence Pexels)

Le litre de diesel se vend en moyenne 289,3 ¢ dans la région de Québec, contre 196,8 ¢ pour l’essence ordinaire, d’après l’outil de suivi des prix à la pompe de Radio-Canada. L’écart est de 92,5 ¢ le litre. En janvier 1995, la situation était presque inverse : le diesel coûtait 55,6 ¢ le litre, tout juste sous l’essence ordinaire à 55,8 ¢, rapporte Le Soleil.

Un produit plus exigeant à fabriquer

Le pétrole brut est un mélange de molécules d’hydrocarbures, des chaînes d’atomes de carbone de longueurs variées, que le raffinage sépare par distillation. Les chaînes courtes s’évaporent en premier. L’essence ordinaire compte de 4 à 12 carbones, alors que le diesel, plus lourd, en compte de 12 à 20, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Le diesel ne coûte pas plus cher parce qu’il faut le chauffer davantage, prévient Louis Fradette, qui fait de la recherche en génie chimique à Polytechnique Montréal : essence et diesel sortent de la même tour de distillation. La différence vient du traitement qui suit. « Il y a 25 ans, le diesel était presque prêt après la séparation », explique-t-il. Aujourd’hui, on le désulfurise et on retire aussi certains métaux, présents seulement en parties par million, ce qui exige des équipements coûteux. C’est en bonne partie ce qui l’a rendu presque toujours plus cher que l’essence depuis une vingtaine d’années.

Un marché mondial

Le coût de production n’explique toutefois pas l’écart actuel, particulièrement marqué. « Le coût de revient, c’est une chose, mais le prix des marchés, c’est une autre histoire », affirme Carol Montreuil (Association canadienne du carburant). Il évoque la guerre en Iran, qui a fait flamber les prix, et la guerre entre la Russie et l’Ukraine, puisque la Russie exportait du diesel. Le diesel a donc augmenté plus que l’essence.

Pourquoi un pays qui produit largement son propre pétrole et ses produits raffinés est-il touché? Parce que les carburants se négocient sur un marché où, dit M. Montreuil, les acteurs, de New York à Singapour, sont « connectés à la minute près ». Quand une pénurie fait monter le diesel quelque part, des producteurs d’ailleurs détournent une partie de leur production pour profiter de meilleurs prix, ce qui réduit l’offre locale et fait monter les prix.

C’est ce qui s’est passé ici. Sous l’effet des attaques ukrainiennes contre des raffineries russes et du conflit en Iran, le diesel s’est renchéri en Europe et en Asie. Les producteurs canadiens ont alors vendu davantage à l’étranger, et les prix ont suivi au pays.

Les chiffres des exportations

Selon Statistique Canada, le Canada exportait environ 1 milliard de dollars de produits pétroliers raffinés par mois en 2024 et en 2025. Depuis l’été 2025, ce chiffre a fortement augmenté et atteint maintenant 2,5 milliards par mois.

À surveiller

Les experts cités lient l’écart actuel aux deux conflits et à la hausse des exportations canadiennes. Ils ne disent pas quand il pourrait se résorber. L’outil de Radio-Canada permet de suivre l’évolution des prix.

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