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Politique

Diesel à 2,60 $ le litre : les conservateurs demandent de suspendre les taxes fédérales

Une motion déposée mardi aux Communes réclame la suspension des taxes fédérales sur le diesel jusqu’à la fête du Canada et une production nationale d’un million de barils par jour. Ottawa répond que les raffineries tournent déjà presque à plein régime.

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Un camion lourd à la pompe diesel d'une station-service, le prix du carburant bien visible. Photo d’illustration. Photo

Le gouvernement fédéral peut-il alléger la facture de diesel des Canadiens? Les conservateurs le croient : ils ont déposé mardi à la Chambre des communes une motion qui demande de suspendre les taxes fédérales sur ce carburant jusqu’à la fête du Canada et de viser une production nationale d’un million de barils par jour.

Combien coûte le diesel aujourd’hui?

Selon Ressources naturelles Canada, le prix moyen du diesel au pays atteignait 2,60 $ le litre mardi, soit plus de 1,06 $ de plus qu’à la même date l’an dernier. Les guerres en Iran et en Ukraine ont fait grimper les prix des carburants au cours du dernier mois, rapporte La Presse Canadienne.

Lors d’une conférence de presse devant la Chambre, Jason Groleau, porte-parole conservateur pour l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, a affirmé que les Canadiens paient 31 cents de plus par litre de diesel que la moyenne mondiale. Il a ajouté que le prix a augmenté de plus de 80 % en un an. « La hausse des prix à la pompe crée une inflation énorme sur tous les produits achetés par les Canadiens », a-t-il souligné en français.

La porte-parole conservatrice en matière d’énergie, Carol Anstey, a fait le même lien avec le panier d’épicerie. « Chaque hausse fait grimper le coût de production de nos denrées alimentaires, du transport de nos marchandises et de la construction de logements, et chaque augmentation se répercute sur le budget des ménages. »

Que propose la motion?

Le texte demande trois choses : suspendre les taxes fédérales sur le diesel jusqu’à la fête du Canada, accorder des allègements fiscaux pour la construction d’infrastructures liées au diesel (oléoducs, raffineries, voies ferrées et installations d’entreposage) et se fixer l’objectif d’un million de barils par jour.

Mme Anstey soutient que le pays dispose des ressources, de la main-d’œuvre qualifiée et de l’expertise nécessaires pour s’y mettre. Elle y voit aussi une façon de créer des emplois et de réduire la dépendance envers les fournisseurs étrangers.

Le chef Pierre Poilievre a par ailleurs réclamé de nouveau lundi une réserve stratégique de pétrole, une idée qui ne figure pas dans la motion. Selon Mme Anstey, le Canada est le seul pays du G7 à ne pas en avoir. L’Agence internationale de l’énergie exige de ses membres qu’ils maintiennent une telle réserve, mais le Canada, exportateur net de pétrole, en est exempté.

Que répond Ottawa?

Le principal obstacle est la capacité des raffineries. Un rapport de la Régie de l’énergie du Canada publié en mars indiquait que les raffineries de pétrole brut traitaient 1,6 million de barils par jour, soit 90 % de leur capacité.

Le porte-parole du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, John Fragos, a assuré que le gouvernement est en contact permanent avec les raffineurs, qui maximisent leur production de diesel. « Le Canada produit à peu près la quantité exacte de diesel qu’il consomme, ce qui nous assure la sécurité de notre marché intérieur », a-t-il ajouté, précisant que le pays est un exportateur net de diesel et que toute production supplémentaire irait donc vers l’exportation.

Mme Anstey voit dans cette capacité presque saturée un argument de plus pour sa demande : il faudrait, dit-elle, un environnement qui favorise davantage d’investissements pour augmenter la production.

À retenir

Les conservateurs veulent attaquer le prix du diesel par deux voies, une pause sur les taxes fédérales et plus de capacité de raffinage. Ottawa répond que les raffineries sont déjà presque au maximum. La motion, elle, doit encore être débattue aux Communes.

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