Dernier jour de campagne : Duhaime vise 12 députés, Milliard promet des « sourires en coin »
Au 39e et ultime jour de la campagne, les chefs ont fait leur bilan dimanche. Duhaime a chiffré son objectif, Milliard s’en est pris au coût de ses idées, Fréchette a visé le référendum et Ghazal a appelé la gauche à se rallier.

Gens du pays, c’est votre tour. Dimanche matin, dans le local de campagne péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, les militants ont entonné la chanson de Gilles Vigneault. Le cœur léger, a rapporté Radio-Canada.
Puis tout le monde a repris la route. Dernier jour. Dernier bilan. Dernier appel avant que les Québécois passent aux urnes, ce lundi.
Duhaime fixe la barre
Éric Duhaime a multiplié les arrêts dans la grande région de Québec, là où les sondages placent ses meilleurs espoirs de gains. Il a terminé l’après-midi dans les gradins, à un match des Remparts.
Son objectif est clair, et chiffré. Le chef conservateur veut former un groupe parlementaire reconnu, c’est-à-dire obtenir un statut officiel à l’Assemblée nationale. « Je veux qu'on ait au moins 12 députés ou 20 % des votes », a-t-il martelé.
La marche est haute. En 2022, son parti avait récolté environ 13 % des voix sans faire élire un seul député. D’où son insistance sur la participation. « Tous les votes vont être importants », a-t-il répété.
Milliard s’attaque à la facture
En Beauce, région que les projections donnent au Parti conservateur, Charles Milliard a joué l’optimisme à fond. Le chef libéral est convaincu que les sondeurs sous-estiment son vote. « Demain, il y a des gens qui vont avoir de petits sourires en coin, et je vais en faire partie », a-t-il lancé à Saint-Victor.
Il a aussi tendu la main aux électeurs tentés par Éric Duhaime. Le chef conservateur a trouvé des mots qui parlent aux Québécois, a-t-il reconnu, mais « la plupart de ses idées ne tiennent pas la route financièrement ».
L’argument du coût, servi ici par un adversaire, vaut pour toutes les plateformes. Combien coûte chaque promesse, et qui la paiera? La question restera entière au lendemain du vote, peu importe le gagnant.
M. Milliard a fini sa journée en Estrie, terre historiquement libérale où il s’est arrêté près d’une dizaine de fois pendant la campagne. Aux bénévoles de Sherbrooke, il a rappelé que la circonscription fédérale de Terrebonne s’était jouée par un seul vote.
Fréchette vise le référendum
À Shawinigan, malgré une pluie de mauvais sondages, Christine Fréchette a juré que la CAQ avait « encore du momentum ». Sa cible : le référendum promis par le Parti québécois. « Est-ce que c'est ce que veulent les Québécois? La réponse est non », a tranché la cheffe caquiste.
Face à la possibilité de voir son parti rayé de la carte, elle soutient que chaque comté peut garder vivante la « troisième voie ».
PSPP redoute la minorité
Dans Rosemont, où une lutte serrée s’annonce, Paul St-Pierre Plamondon s’est dit fébrile et serein. « Je suis fier de la campagne qu'on a faite », a-t-il affirmé.
Sa crainte : un gouvernement minoritaire. « Idéalement, on ne veut pas retourner en scrutin dans une autre élection dans 12, 18 mois », a dit le chef péquiste.
Ghazal rallie la gauche
Ruba Ghazal, elle, a demandé aux électeurs progressistes de se ranger derrière Québec solidaire pour contrer « les idées d'Éric Duhaime et son influence sur tous les autres partis ». Aux indépendantistes déçus par ce qu’elle décrit comme l’« austérité » du PQ, elle a promis un pays où l’État est fort.
Reste la question qui accompagne toujours ce genre de promesse : un État plus gros, à quel prix, et payé par qui?
Ce soir, les urnes trancheront. Et on saura, d’Hochelaga-Maisonneuve à la Beauce, qui avait vraiment chanté juste.

