Dentistes sans entente avec la RAMQ depuis plus de trois ans : l’ACDQ presse le gouvernement PSPP
Au lendemain du scrutin, l’Association des chirurgiens dentistes réclame une entente rapide et des bras : il manque plus de 1 600 hygiénistes dentaires au Québec. La Coalition Priorité Cancer demande, elle, que les patients passent au centre des décisions.

Plus de trois ans. C’est le temps écoulé depuis l’échéance de la dernière entente-cadre entre Québec et les dentistes pour les soins couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Au lendemain de l’élection, l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) demande au futur gouvernement de régler ce dossier rapidement.
Dans un communiqué publié mardi et diffusé par Les Affaires, l’ACDQ félicite les élus et appelle Québec à faire de la santé buccodentaire, c’est-à-dire la santé des dents et de la bouche, une véritable priorité.
« Les défis auxquels fait face notre milieu sont connus depuis longtemps et l’ACDQ a proposé des solutions réalistes et à portée de main pour y répondre », a déclaré sa présidente, la Dre Marie-Claude Desjardins.
Trois demandes
La première porte sur la main-d’œuvre. Selon l’ACDQ, il manque actuellement plus de 1 600 hygiénistes dentaires au Québec, et plusieurs régions manquent aussi de dentistes. Cette pénurie limite la capacité des cliniques à recevoir des patients et allonge les délais, surtout dans les régions éloignées.
La deuxième vise la RAMQ. L’association veut une nouvelle entente-cadre qui tienne compte, notamment, de la hausse importante des frais d’exploitation des cliniques. Une entente-cadre est le contrat qui fixe les conditions et la rémunération des soins payés par l’État.
La troisième concerne Ottawa. L’ACDQ demande de préserver les acquis du Régime canadien de soins dentaires, le programme fédéral dont profitent aujourd’hui plus de 1,3 million de Québécois. Selon elle, son succès repose sur un équilibre entre l’accessibilité financière des soins pour les patients et la participation des dentistes.
Un réseau surtout privé
Le portrait de la profession éclaire l’enjeu. L’ACDQ regroupe plus de 4300 dentistes, surtout des généralistes. Si certains exercent en établissement public, la majorité travaille en clinique privée.
Autrement dit, l’accès aux soins buccodentaires repose en grande partie sur des entreprises privées. Quand l’État, comme payeur, laisse une entente échue pendant plus de trois ans, ce sont ces cliniques qui absorbent la hausse de leurs coûts sur les soins couverts. La question pour le prochain gouvernement est double : combien coûtera une nouvelle entente aux contribuables, et quels gains d’accès pourra-t-on mesurer en retour?
Le communiqué ne chiffre ni le coût des demandes ni les écarts de rémunération en jeu.
Les patients atteints de cancer aussi
L’ACDQ n’est pas seule à se manifester. La Coalition Priorité Cancer au Québec, qui rassemble plus de 75 organismes et représente les personnes touchées par le cancer depuis plus de 25 ans, a félicité le Parti Québécois et son chef, le premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon.
Son message tient en une idée : juger le système à partir des besoins des patients et des résultats qui comptent pour eux. « Placer les patients au cœur de nos décisions ne devrait pas être une aspiration, mais une nécessité », a affirmé la directrice générale Eva Villalba dans un communiqué.
La présidente de la Coalition, Térésa Norris, estime que le Québec doit associer pleinement aux décisions les personnes qui vivent le système au quotidien.
Ce qui est promis
Pour l’instant, rien. Les deux organisations offrent leur collaboration, mais aucune réaction du futur gouvernement n’a été rapportée. Le prochain ministre de la Santé héritera d’un dossier dentaire qui traîne depuis plus de trois ans, et d’une pénurie que les cliniques chiffrent déjà.


