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Cohere lance North 2 : l’IA canadienne mise sur la sécurité plutôt que sur la puissance brute

L’entreprise ontarienne dévoile la plus importante mise à jour de sa plateforme pour entreprises, quelques jours après les nouveaux outils d’OpenAI et de Google, qui se livrent une guerre de prix.

3 min de lecture
Joëlle Pineau, directrice de l’IA chez Cohere, lors de la conférence ALL IN à Montréal, en septembre 2025. Photo : Gabriel Hutchinson / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Brancher l’intelligence artificielle (IA) sur les outils de bureau d’une grande entreprise sans perdre le contrôle de ses données : c’est la promesse de North 2, que la canadienne Cohere a dévoilée lundi matin, selon La Presse. L’entreprise la présente comme « la plus importante mise à jour » de sa plateforme d’intégration de l’IA destinée aux entreprises.

Ce que c’est

North 2 n’est pas un nouveau cerveau artificiel, mais plutôt une gare de triage. À partir de la plateforme, l’utilisateur peut choisir les modèles de Cohere ou ceux de concurrents, y compris des IA à code source ouvert, c’est-à-dire dont le code est public et réutilisable, offertes par milliers dans des catalogues comme Hugging Face.

La plateforme promet une connexion sécurisée à la plupart des outils de bureautique modernes et le respect des normes les plus élevées en matière de sécurité des données. Cohere dit avoir travaillé avec plusieurs clients, dont la Banque Royale, Bell et Dell, pour s’assurer qu’elle réponde aux besoins de leurs industries.

Pourquoi c’est important

Le moment n’a rien d’un hasard. À la fin de la semaine dernière, OpenAI a présenté Dots, de petits agents d’IA entièrement autonomes, joignables par messagerie, capables d’accomplir une partie du travail des employés et même de collaborer entre eux. « Vous pourrez lui déléguer des tâches ambitieuses comme vous le feriez à un ingénieur ou à un chef de division avec qui vous travaillez », a lancé le PDG d’OpenAI, Sam Altman.

Quelques heures plus tard, Google répliquait avec Gemini 4 Argon, un modèle conçu pour automatiser la programmation, la cybersécurité et le travail complexe en entreprise. Et Meta avait lancé son agent Muse plus tôt en septembre.

Bonne nouvelle pour les entreprises clientes : la concurrence se joue aussi sur les prix. Gemini 4 Argon coûtera 2 $ US par million de jetons, ces petites unités de texte qui servent à mesurer l’utilisation d’une IA, contre 10 $ US pour GPT-6 Astra, d’OpenAI. « Son prix de lancement est très agressif », a noté l’analyste Mark Mahaney, d’Evercore ISI. Bémol : Google limitera sévèrement l’accès à son modèle, réservé au départ à quelques entreprises américaines triées sur le volet.

Le pari de Cohere

Cohere ne prétend pas gagner la course à la puissance. Son IA n’est pas aussi forte dans les tâches les plus exigeantes, mais elle est reconnue pour sa performance et pour être taillée sur mesure pour les entreprises, qui ne peuvent pas toujours faire de compromis sur la sécurité et la gouvernance.

« Pour les entreprises, la vraie question n’est pas d’avoir accès au plus récent et au plus gros modèle. Ce qui compte, c’est la rapidité, la sécurité et la responsabilité avec lesquelles elles peuvent déployer l’IA à grande échelle dans toute leur organisation », affirme Joëlle Pineau, directrice de l’IA chez Cohere.

L’entreprise ontarienne se présente depuis quelques mois comme la « troisième voie » de l’IA mondiale, entre les États-Unis et la Chine. Elle mise sur les organisations et les gouvernements qui veulent garder le contrôle de leurs données. « Notre ambition est d’être le partenaire d’IA d’entreprise le plus fiable au monde », résume Joëlle Pineau.

Les questions sans réponse

Le positionnement est habile, mais il a un prix. Une plateforme qui laisse le client choisir le modèle d’un concurrent mise sur la confiance plutôt que sur la performance. Reste à voir si la sécurité suffira à convaincre les directions informatiques, quand Google offre une IA de pointe à une fraction du prix de ses rivaux.

La fiabilité se vendra-t-elle mieux que la puissance à bas prix?

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