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Santé

Cité-de-la-Santé : urgence occupée à 158 %, un patient hospitalisé sur dix dans un corridor

Construit en 1978 pour 267 000 habitants, l’hôpital de Laval en dessert aujourd’hui 464 200. Les médecins réclament un agrandissement de 350 millions; les partis promettent, à des degrés divers.

2 min de lecture
La médecine de corridor s’étend aux étages de l’hôpital. Photo : Mikhail Nilov / Pexels

À l’urgence de la Cité-de-la-Santé, à Laval, le taux d’occupation moyen atteint 158 %. Autrement dit, il y a en moyenne plus d’une fois et demie plus de patients que de places prévues. Aux étages d’hospitalisation, ce taux est de 111 %, selon le Dr Antonio Juan Su, président du Conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes de l’établissement, cité par La Presse.

La « médecine de corridor », bien connue aux urgences, a gagné les unités de soins. Un patient hospitalisé sur dix est installé sur une civière dans un corridor, souvent devant le poste des infirmières, entouré d’un simple rideau. « Il y a toujours de la lumière, du son, des gens qui donnent des rapports au poste des infirmières », décrit le Dr Su, qui juge ces conditions « inadéquates ».

Un hôpital trop petit

Les chiffres expliquent l’engorgement. L’hôpital a été construit en 1978 pour une population de 267 000 habitants. Laval, troisième ville du Québec, en compte maintenant 464 200. On y trouve 106 lits de courte durée par 100 000 habitants, alors que la moyenne québécoise est de 190.

L’agrandissement a été mis à l’étude en 2018, et un dossier d’opportunité, soit la première analyse officielle qui justifie un projet, a été déposé en 2024. Coût estimé : environ 350 millions, selon le maire de Laval, Stéphane Boyer. « Ça fait déjà bientôt 10 ans qu’on attend un agrandissement », déplore-t-il, en s’expliquant mal que d’autres hôpitaux aient obtenu des annonces cet été alors que Laval est, selon lui, « l’hôpital qui déborde le plus au Québec ».

Ce que promettent les partis

En pleine campagne électorale, La Presse a interrogé les formations politiques. Le Parti libéral du Québec s’est engagé à « prioriser » l’agrandissement. La Coalition avenir Québec promet de « faire avancer » le projet pour que les travaux commencent au cours du prochain mandat. Québec solidaire s’engage à faire passer le projet à l’étape de planification du Plan québécois des infrastructures (PQI), la liste des grands projets que l’État finance, et à mettre à l’étude un nouvel hôpital. Le Parti conservateur du Québec promet de consacrer une plus grande part du PQI à la rénovation et à l’agrandissement des infrastructures existantes. Le Parti québécois n’avait pas répondu.

Un tribunal s’en mêle

La pression vient aussi du personnel. Le Tribunal administratif du travail a ordonné au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval de protéger la santé et la sécurité des travailleurs dans une zone de débordement de l’urgence, a rapporté La Presse. Le syndicat des infirmières dénonçait le manque d’espace pour travailler et circuler avec l’équipement. Le Tribunal conclut que l’employeur a dérogé à la Loi sur la santé et la sécurité du travail.

L’échéance fixée par le Tribunal est le 23 octobre. Celle de l’agrandissement, elle, dépendra du prochain gouvernement.

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