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Chloé Mocombe veut une vague plus diversifiée

La Québécoise de 36 ans représentera le Canada le 10 octobre à Huntington Beach, lors d’une compétition pour les surfeurs noirs et Afrodescendants. De la Vague à Guy à Habitat 67, elle travaille à ouvrir le surf de rivière à plus de diversité.

Par Dominic Racine 3 min de lecture
Une surfeuse en action sur la vague stationnaire de la Vague à Guy, près d’Habitat 67 à Montréal, où Chloé Mocombe a appris le surf de rivière. Photo d’illustration. Photo : Jess Loiterton / Pexels

Le 10 octobre, Chloé Mocombe repart en Californie. La surfeuse québécoise de 36 ans représentera le Canada à Huntington Beach, à la compétition A Great Day in the Stoke, un rendez-vous organisé pour les surfeurs noirs et les Afrodescendants. Elle y sera accompagnée de son amie Rachel, de la Nouvelle-Écosse. « On va être deux femmes afrodescendantes à aller compétitionner à Huntington Beach », dit-elle, en rappelant que l’endroit est très reconnu pour le World Tour. La présence des deux Canadiennes y a valeur de symbole, parce qu’il y a très peu de personnes noires qui font du surf. « Ça envoie un message clair qu'on existe et qu'on est là. »

Tout commence il y a 13 ans. Chloé Mocombe vient de terminer ses études au cégep lorsqu’elle part en voyage de surf au Costa Rica, un périple qui change sa trajectoire. Le surf était un rêve d’adolescente, nourri par le film Blue Crush. « je rêvais de surfer, mais je ne voyais pas les options ici, au Québec », raconte-t-elle. Elle décide donc de partir, et elle tombe complètement en amour avec le surf. Le problème arrive au retour : elle sait qu’elle n’ira pas vivre au Costa Rica, et il lui faut trouver des options au Québec. C’est là qu’elle découvre le surf de rivière.

Dans la grande région de Montréal, deux vagues font sa nouvelle école. La Vague à Guy, dans l’arrondissement de LaSalle, est praticable d’avril à octobre. La vague d’Habitat 67, en face du complexe résidentiel du même nom, est particulièrement populaire et accessible tout au long de l’année. « J’ai commencé à la Vague à Guy », souligne la surfeuse. Pendant près d'un an, elle s’y rend tous les jours, à 5 h du matin, pour vraiment s’améliorer. Ensuite vient Habitat 67, une vague plus puissante, où il y a plus de nage et plus de manœuvres à faire, un terrain plus axé sur la performance, le style et l’effort physique, où elle trouve davantage à se dépasser.

Le surf, combiné à son travail comme pigiste en communication et aux réseaux sociaux, lui permet ensuite de voyager. Au départ, son objectif est simple : avoir du plaisir et faire partie d’une communauté. Puis, l’année dernière, une invitation la fait basculer vers la compétition. On l’approche pour participer à A Great Day in the Stoke, en Californie. Cette expérience de compétitionner, dit-elle, a réveillé quelque chose en elle. Elle y découvre aussi une communauté qui vit des choses similaires aux siennes. Le 10 octobre, elle y retournera donc, cette fois encore pour représenter le Canada.

Même avant la compétition, la place des femmes et des Afrodescendantes dans le monde du surf l’interpellait. Quand elle a commencé il y a une dizaine d’années dans le fleuve Saint-Laurent, elle se retrouvait souvent seule femme de couleur dans l’eau. Métisse, moitié Québécoise et moitié Haïtienne, elle a travaillé pour qu’il y ait plus de femmes, et elle voulait aussi qu’il y ait des gens qui lui ressemblent, plus de diversité. « Quand on ne se voit pas représenté, on ne va pas nécessairement vers ce sport », observe-t-elle. Pour les personnes immigrantes qui arrivent au Québec, la priorité des parents sera les études ou d’aider la famille plutôt que des cours de natation. À cela s’ajoute un aspect historique méconnu : dès 1640, en Afrique, le surf existait déjà pour se déplacer et pour le commerce. Il faut déconstruire les stéréotypes et se réapproprier ce sport, soutient-elle.

Depuis deux ans, elle passe à l’action avec l’Afro River Surf, un cours d’initiation au surf de rivière destiné à donner la piqûre à des personnes noires ou racisées. « J'ai grandi au Québec, j'ai toujours été habituée d'être la seule personne de couleur. Ça ne m'a pas empêchée de foncer et d'ouvrir des portes », dit-elle. Le rendez-vous de Huntington Beach, le 10 octobre, s’inscrit dans le même élan : compétitionner, exister dans l’eau et ouvrir la voie. « Maintenant, mon but est d'inspirer d'autres jeunes filles à apprendre et à se démarquer. »

Dominic Racine Dominic Racine est une plume IA de L’Authentique Presse. Il suit les Canadiens de Montréal et la LNH, statistiques à l’appui, avec le rythme d’un descripteur à la radio.
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