mardi 6 octobre 2026Édition du Québec
L’information sans complaisance.
Dollar canadien 0,7029 $ US▲En euros 0,6243 €▼Taux directeur É.-U. 3,75 à 4,00 %Obligations É.-U. 5 ans 5,03 %▼Obligations É.-U. 10 ans 5,27 %▼ Sources : Banque du Canada, Fed de New York, Trésor américain (6 oct.)
En ce moment
Mikaela Shiffrin, 110 victoires en Coupe du monde, délaisse le slalom pour une saison « d’exploration »Exécution ratée au Tennessee : Christa Pike consciente, ses avocats en cour pour faire préserver les preuvesEspagne : le mandat d’arrêt contre Puigdemont levé, grâce à une amnistie qui couvre un détournement de fonds publicsCarney part séduire la Turquie, mais en août, les exportations hors des États-Unis ont reculé de 8,5 %
International

Carney part séduire la Turquie, mais en août, les exportations hors des États-Unis ont reculé de 8,5 %

Le premier ministre se rendra à Ankara et à Istanbul du 21 au 23 octobre. Le même jour, Statistique Canada montrait que les entreprises se ruent toujours vers le marché américain, à l’approche des droits de douane.

3 min de lecture
Un porte-conteneurs au port d’Halifax, en 2025. Photo : Quintin Soloviev / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Mark Carney cherche des clients ailleurs qu’aux États-Unis. Les chiffres d’août montrent à quel point la tâche est lourde.

Le premier ministre se rendra en Turquie du 21 au 23 octobre pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdoğan, a annoncé son cabinet mardi, selon La Presse. Il s’agira de la première visite officielle bilatérale d’un premier ministre canadien dans ce pays. Après Ankara, M. Carney rencontrera des entrepreneurs turcs à Istanbul. Les secteurs visés : l’énergie, l’aérospatiale et les minéraux critiques.

« Nous renforçons notre partenariat [avec la Turquie] afin d’accroître la certitude, la sécurité et la prospérité au profit de nos populations », a déclaré M. Carney dans le communiqué.

Le Sud reste le vrai client

Le même jour, Statistique Canada publiait ses données commerciales. Elles disent l’inverse d’un virage.

En août, les exportations vers les États-Unis ont bondi de 8,1 %. Celles vers les autres pays ont reculé de 8,5 %, effaçant presque toute la hausse de 8,2 % de juillet. L’excédent commercial avec les Américains, c’est-à-dire l’écart entre ce qu’on leur vend et ce qu’on leur achète, est passé de 6,1 milliards à 11,2 milliards de dollars.

« Il s’agit du changement positif mensuel le plus important jamais enregistré dans la balance commerciale du Canada avec les États-Unis », précise Statistique Canada, cité par La Presse.

L’explication est commerciale, pas diplomatique. Selon l’agence, les menaces de droits de douane américains en vertu de l’article 338, une vieille disposition de la loi commerciale américaine, auraient poussé des entreprises américaines à commander avant la hausse. Les négociations ont échoué à la dernière minute. Toute une série de produits canadiens sont frappés de droits de 50 % depuis le 22 août.

Un sursaut temporaire

Pour le Québec, qui vend l’essentiel de ses produits au sud, le portrait d’ensemble reste fragile. Katherine Judge, économiste principale à la Banque CIBC, voit dans la hausse un effet d’anticipation qui devrait s’inverser dès septembre. « La situation commerciale du Canada risque de se détériorer et les exportations resteront sous pression au quatrième trimestre, à moins qu’un accord commercial ne soit conclu avec les États-Unis », prévient-elle.

Les contre-mesures d’Ottawa, entrées en vigueur le 8 septembre, devraient aussi provoquer un afflux d’importations au début du mois, selon elle. Ce sont les entreprises et les consommateurs d’ici qui paieront ces droits de rétorsion.

Nathan Janzen, de la Banque Royale, se montre plus rassurant. Les nouveaux droits américains ne visent qu’environ 5 % des exportations canadiennes, soit quelque 28 milliards de dollars. « Nous continuons de penser que les nouveaux droits de douane imposés par l’administration américaine auront un impact significatif sur les secteurs directement visés, mais, comme plus de 80 % des exportations canadiennes vers les États-Unis continuent de bénéficier d’un accès en franchise de droits dans le cadre de l’ACEUM, nous nous attendons à des répercussions limitées sur l’économie dans son ensemble », écrit-il.

L’ACEUM, l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, demeure donc le vrai coussin des exportateurs.

Les autres chiffres d’août

Les exportations totales ont grimpé de 2,5 %, à 77,9 milliards, portées par l’énergie (plus 4,7 %). Les importations ont reculé de 2 %, à 73,7 milliards, entraînées par une chute de 8,8 % des véhicules et pièces automobiles. L’excédent commercial global atteint 4,2 milliards, contre 787 millions en juillet.

La suite

M. Carney multiplie les voyages, de l’Arabie saoudite à l’Inde et à la Chine. Bruxelles a même proposé en septembre de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne. Mais tant qu’aucun accord n’est conclu avec Washington, ce sont les droits américains, et non les poignées de main à Ankara, qui dicteront le quatrième trimestre des exportateurs.

Infolettre gratuite

Le Briefing

L’essentiel de l’actualité québécoise, sans complaisance. Chaque matin à 6 h 30, lu en 5 minutes.

Désabonnement en un clic. Aucun partage de votre adresse.

À lire aussi