Canada–États-Unis au soccer : Jesse Marsch assume ses propos sur les Américains avant le duel de St. Paul
L’entraîneur américain de l’équipe canadienne ne recule pas après une entrevue controversée au Guardian. Le Canada, 27e au classement FIFA, affronte mardi des Américains invaincus dans cette fenêtre internationale.

Le Canada arrive au Minnesota sur une lancée : une victoire de 1-0 contre le Chili le 26 septembre, puis un blanchissage de 2-0 contre le Pérou, samedi à Montréal. Mais à la veille du match amical contre les États-Unis, mardi à St. Paul, c’est son entraîneur qui fait parler.
Jesse Marsch, originaire de Racine, au Wisconsin, a provoqué la controverse avec une longue entrevue au quotidien britannique The Guardian. Il y affirmait que les Américains sont « inondés de propagande » dès l’enfance et qu’ils ont l’impression de mériter un traitement de faveur, selon La Presse.
Lundi, en conférence de presse, il n’a rien retiré.
« Écoutez, je suis Américain. Mais je suis honoré et très fier d’être l’entraîneur-chef de l’équipe nationale canadienne », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il n’avait pas peur de dire ce qui, selon lui, doit être dit.
Un franc-parler assumé
Marsch reconnaît qu’un homme de sport n’a pas toujours à se mêler de politique. Il estime toutefois avoir une perspective unique, celle d’un Américain à la mentalité un peu canadienne.
« Est-ce que je dépasse parfois les bornes? Oui, probablement. Et alors? Si l’équipe est prête à jouer, alors nous devrions tous être contents », a-t-il lancé.
Le contexte n’aide pas à calmer le jeu. Le match se dispute sur fond de guerre commerciale entre les deux pays. Marsch s’est moqué des discussions américaines sur le « lac America », une allusion aux idées de rebaptiser le lac Ontario.
La rivalité, sans discours
Pour le motiver, ses joueurs n’ont besoin de rien, assure-t-il. Pas de grand discours d’avant-match. Selon lui, la rivalité est plus intense que jamais, d’abord parce que les deux équipes sont bonnes.
Les chiffres lui donnent en partie raison. Les Américains occupent le 16e rang mondial et affichent une fiche parfaite de 3-0-0 lors de cette fenêtre, avec des victoires contre le Chili, le Pérou et le Mexique. Le Canada, lui, pointe au 27e rang.
Les deux pays ont coorganisé la Coupe du monde cet été, et tous deux ont été éliminés en huitièmes de finale.
Un précédent favorable
Le dernier affrontement remonte à mars 2025. Le Canada avait alors battu les États-Unis 2-1 pour décrocher la troisième place de la Ligue des nations de la CONCACAF, la confédération qui regroupe les pays d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes.
Ce match aussi s’était joué dans un climat politique tendu, après les propos de Donald Trump sur un Canada devenu « 51e État ».
Marsch a donc mis la barre haute avec ses déclarations. Il reste maintenant à ses joueurs de livrer la marchandise sur le terrain, mardi soir à St. Paul, pour confirmer que la meilleure réponse à une controverse se donne avec le ballon.


