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Opinion
Chroniqueur anonyme

Camillien-Houde : la Ville veut vous fermer la montagne, et tant pis pour la consultation

En 2019, l’Office de consultation publique recommandait de garder la route ouverte aux autos. En 2028, on la fermera quand même. Quand l’avis des citoyens ne fait pas l’affaire, on passe à autre chose.

2 min de lecture
La voie Camillien-Houde, sur le mont Royal. Photo : Ken Lund / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

On ne vous interdit pas d’aller sur le mont Royal. On vous interdit seulement d’y aller comme vous voulez. Nuance.

La fermeture de la voie Camillien-Houde à la circulation automobile est de nouveau prévue pour 2028, rappelle Radio-Canada, alors que le parc célèbre son 150e anniversaire. Joyeux anniversaire. Ce qui rend la chose savoureuse, c’est qu’en 2019, l’Office de consultation publique de Montréal, l’organisme créé précisément pour écouter les citoyens, avait recommandé de maintenir la circulation automobile, en améliorant l’aménagement.

On a donc consulté. On a écouté. On a reçu une recommandation claire. Et on prévoit de faire le contraire. C’est ce qu’on appelle, je crois, la démocratie participative à sens unique.

Une route, pas un crime

La voie Camillien-Houde existe depuis 1958. Depuis près de 70 ans, elle permet aux Montréalais de monter sur leur montagne. Les familles avec de jeunes enfants. Les aînés qui ne grimpent plus les escaliers du chalet. Les visiteurs qui veulent voir le belvédère sans s’entraîner pour un marathon.

En 2018, l’administration Plante a déjà interdit la circulation de transit, c’est-à-dire le passage d’est en ouest par la montagne. On peut débattre de cette mesure. Mais elle laissait au moins aux citoyens le droit d’aller au parc en voiture. Fermer complètement la voie, c’est franchir une autre étape : décider à votre place comment vous devez accéder à un bien public que vous payez.

La mort du jeune cycliste Clément Ouimet, en 2017, a été une tragédie. Personne ne la prend à la légère. Mais la réponse à un aménagement dangereux, c’est un meilleur aménagement. C’est exactement ce que recommandait l’OCPM.

Le petit doigt levé

Il y a, dans certaines administrations municipales, une conviction tranquille : l’automobiliste est un problème à éliminer, pas un citoyen à servir. On lui retire des voies, des stationnements, des accès, puis on s’étonnera qu’il aille dépenser son argent ailleurs.

Le mont Royal n’appartient pas à ceux qui ont les mollets les plus solides. Il appartient à tous les Montréalais, y compris ceux qui arrivent en voiture, avec un enfant de deux ans et une glacière.

Ce qu’il faudrait faire

Respecter l’avis de l’OCPM : garder la voie ouverte et l’aménager pour que tout le monde y circule en sécurité. Et si la Ville tient vraiment à la fermer, qu’elle ait au moins le courage de soumettre la question aux citoyens directement.

Mais ce serait courir un risque terrible : qu’ils répondent encore la même chose.

Les textes d’opinion n’engagent que leurs auteurs.

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