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Budget des Fêtes : les Canadiens coupent de 11 %, les Québécois tiennent bon à 1497 $

Selon PwC, les ménages canadiens prévoient dépenser 1487 $ pour les Fêtes, une deuxième baisse de suite. Le Québec fait exception, notamment grâce à une énergie moins chère qu’ailleurs.

3 min de lecture
Décorations de Noël dans un centre commercial. Photo d’illustration. Photo : Chris Olszewski / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Les enfants n’ont pas encore enfilé leur costume d’Halloween que Costco vend déjà des décorations de Noël et que La Vie en Rose a mis en ligne sa collection de pyjamas des Fêtes, rapporte La Presse. Les commerçants sont prêts. Les portefeuilles, un peu moins.

Selon le rapport Perspectives pour la période des Fêtes 2026 au Canada, publié mardi par PwC Canada, les consommateurs du pays prévoient débourser en moyenne 1487 $ en cadeaux, en voyages et en divertissement. C’est 11 % de moins que l’an dernier, et une deuxième baisse d’affilée après l’année record de 2024, souligne Le Devoir.

Le Québec fait bande à part. Le budget prévu y est de 1497 $, contre 1532 $ en 2025, un recul d’environ 2 %. Les Québécois, qui dépensaient depuis des années bien moins que les autres Canadiens, se retrouvent donc cette fois un brin au-dessus de la moyenne du pays.

Le coût de la vie, encore lui

« Ça démontre vraiment qu’il y a une pression sur le budget des ménages, puis les gens sont forcés de faire des choix », a résumé en entrevue Sébastien Doyon, associé, services-conseils chez PwC Canada, selon Le Soleil. D’après lui, la hausse générale des prix gruge ce qui reste pour les dépenses non essentielles, dites discrétionnaires, et l’incertitude économique et géopolitique refroidit les acheteurs. Près de sept répondants sur dix (69 %) disent chercher des options moins coûteuses.

Les voyages écopent le plus. Les dépenses prévues pour un séjour au soleil, une fin de semaine de ski ou une visite à la famille reculent de 14 %. La flambée de l’essence et du kérosène, liée à la guerre en Iran et à la fermeture du détroit d’Ormuz en février, n’y est pas étrangère, note Le Devoir.

Pourquoi le Québec résiste

PwC dit ne pas avoir analysé les causes en détail, mais M. Doyon avance une piste toute simple : l’énergie. Au Québec, « le coût de l’énergie pour se chauffer, pour être capable de fonctionner au Québec est un point de pression qui est plus faible comparativement à ailleurs au Canada », a-t-il expliqué à La Presse. Une facture d’énergie raisonnable, c’est de l’argent qui reste dans les poches des familles, et ça se voit jusque sous le sapin.

Il cite aussi un bon taux d’emploi et une économie plus diversifiée. Et il y a la géographie : les autres Canadiens voyagent davantage pendant les Fêtes pour voir leur famille, alors que les distances à parcourir pour les réunions québécoises sont généralement plus courtes, ce qui allège le budget moyen, rapporte Le Soleil.

Acheter canadien, oui, mais à quel prix?

La guerre commerciale s’invite encore dans les bas de Noël. Selon PwC, 72 % des Canadiens comptent chercher des cadeaux fabriqués ailleurs qu’aux États-Unis, et 54 % choisiraient le produit canadien entre deux articles comparables, même s’il coûte plus cher. Ils étaient 49 % l’an dernier. Le sondage, mené auprès de plus de 1000 personnes de la fin juillet à la mi-août, précède la dernière escalade tarifaire.

La bonne volonté a toutefois ses limites. « Il y a un prix à payer pour acheter local, et le budget des Canadiens n’est pas élastique », a nuancé M. Doyon au Devoir. Traduction : chaque dollar de plus payé pour un produit d’ici, c’est un dollar de moins pour le reste de la liste.

Chaque génération a sa tactique

La génération X prévoit réduire ses dépenses de 21 %, les baby-boomers de 18 % et les millénariaux de 6 %. Seule la génération Z augmente son budget, de 8 %. Les familles avec enfants, elles, comptent dépenser près de deux fois plus que les ménages sans enfant.

Pour les aubaines, 38 % des membres de la génération Z et 33 % des millénariaux miseront sur le Vendredi fou, tandis que 43 % des baby-boomers attendront les rabais de dernière minute en décembre. L’intelligence artificielle fait aussi son entrée dans la chasse aux cadeaux : 28 % des répondants comptent s’en servir pour comparer les prix, contre 17 % l’an dernier. Le magasin garde quand même la cote, puisque 74 % des Canadiens préfèrent acheter en personne.

Les détaillants l’ont compris. Chez Signé Local, qui compte trois magasins et une boutique en ligne, on préparait Noël dès le mois d’août. « Chaque année, on devance, puis on se fait prendre par surprise », a confié le copropriétaire Dawei Ding à La Presse.

L’astuce, si vous voulez étirer votre budget : faites votre liste dès maintenant. Selon M. Doyon, de plus en plus de gens magasinent entre l’Action de grâce et le Cyberlundi. Arriver avant la foule, c’est encore la meilleure façon de ne pas payer le gros prix pour le dernier jouet à la mode.

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