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Politique

« Brownies » au PLQ : Alice Abou-Khalil réclame 500 000 $ à Cogeco et à Jonathan Trudeau

La députée caquiste sortante de Fabre exige un demi-million de dollars et une rétractation publique d’ici le 12 octobre. Elle reproche à l’ex-chroniqueur du 98,5 FM de l’avoir associée à tort au présumé stratagème d’achat de votes au Parti libéral.

3 min de lecture
Le Salon bleu de l’Assemblée nationale, où Alice Abou-Khalil siège comme députée de Fabre depuis 2022. Photo d’archives. Photo : Paulo Barcellos Jr. / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Un demi-million de dollars. Une rétractation en bonne et due forme. Et une date butoir : le 12 octobre, 17 h.

C’est la facture que la députée caquiste sortante Alice Abou-Khalil envoie à Cogeco et à son ancien chroniqueur Jonathan Trudeau, a d’abord rapporté La Presse vendredi soir. Radio-Canada a aussi fait état de cette mise en demeure, une lettre formelle qui exige réparation avant d’éventuelles poursuites.

L’élue de Fabre estime avoir été « faussement » associée à l’histoire des « brownies » au Parti libéral du Québec (PLQ). Une histoire dont l’existence n’a jamais été prouvée.

Retour en novembre 2025

Le 19 novembre 2025, Le Journal de Montréal publie des textos internes du PLQ. Ils laissent entendre que des membres auraient reçu un « brownie », soit un billet de 100 $, en échange d’un vote pour Pablo Rodriguez dans la course à la direction. L’article ne nomme personne.

Jonathan Trudeau, lui, nomme. Sur les ondes du 98,5 FM, il désigne deux députées de Laval comme les auteures des messages : Alice Abou-Khalil, de la Coalition avenir Québec (CAQ), et la libérale de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier. Les deux nient en bloc.

Dès le lendemain, le 20 novembre, Mme Abou-Khalil envoie une première mise en demeure à Cogeco et au chroniqueur pour obtenir une rétractation.

Trois enquêtes, aucun stratagème

Puis les enquêteurs entrent en scène. L’Unité permanente anticorruption (UPAC), le Directeur général des élections du Québec et l’enquêteur indépendant Jacques Fournier, un ex-juge, se penchent sur l’affaire pendant plusieurs mois. Aucun n’a pu établir l’existence d’un stratagème de brownies, selon La Presse.

Le nom d’Alice Abou-Khalil n’est mis en cause dans aucun de ces rapports. Sa collègue libérale de Chomedey, elle, a été blâmée pour avoir utilisé son bureau de circonscription à des fins partisanes pendant la course.

« Obligations déontologiques »

Les avocats de la députée, Joseph Daoura et Tarik-Alexandre Chbani, ne mâchent pas leurs mots. Ils reprochent à l’ex-chroniqueur d’avoir failli à ses « obligations déontologiques ».

« Avant d’associer publiquement [Alice Abou-Khalil] aux échanges litigieux, M. Jonathan Trudeau aurait dû disposer d’éléments suffisamment fiables justifiant une telle affirmation », écrivent-ils, selon La Presse.

Pour eux, on est loin d’une « simple critique politique ». Les propos diffusés « étaient susceptibles de laisser faussement croire qu’elle avait participé » à l’achat de votes en faveur de Pablo Rodriguez, plaident-ils. La grande portée de la radio de Cogeco aurait décuplé le tort subi.

Ils exigent aussi que Cogeco retire toutes ses publications qui associent la députée au scandale.

Une carrière à relancer

Le moment n’a rien d’anodin. Députée de Fabre depuis 2022, Alice Abou-Khalil a annoncé en avril qu’elle ne se représenterait pas aux élections de cette année. Elle retourne sur le marché du travail.

Selon la mise en demeure, ces allégations « sont susceptibles de porter atteinte à sa crédibilité professionnelle et d’avoir de graves répercussions sur ses perspectives de carrière ». La députée évoque aussi des répercussions sur son bien-être et sur sa vie familiale.

Cogeco se tait

Jonathan Trudeau a quitté les ondes en juin, après six ans chez Cogeco Média. Il est aujourd’hui vice-président de la firme de relations publiques Tact. Les sources consultées ne rapportent aucune réaction de sa part.

Chez Cogeco, on s’en tient au strict minimum. « Nous avons reçu cette mise en demeure et nous en prendrons connaissance », a écrit Christine Dicaire, directrice principale, communication et marketing de Cogeco Média. Joint par La Presse, Me Chbani n’a pas voulu commenter le dossier.

Un stratagème que trois enquêtes n’ont jamais pu démontrer. Une facture de 500 000 $, elle, bien chiffrée. Cogeco a jusqu’au 12 octobre pour choisir sa réponse.

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