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Affaires

Beslogic et son outil ARI veulent remplacer les manuels imprimés des mécaniciens d’avion

Créée à la demande de Pratt & Whitney, l’application de Beslogic retrouve en quelques clics une procédure d’entretien. Son atout : elle fonctionne dans les installations du client, sans que les données sensibles en sortent.

2 min de lecture
Un moteur PW123 fabriqué par Pratt & Whitney Canada à Longueuil (photo d’archives). Photo : cliff1066 / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Dans un atelier d’entretien d’avions, changer une valve ou inspecter une pièce de moteur commence souvent par une recherche dans des piles de documents techniques. «Présentement, tout est imprimé», constate Yannick Bessette, président-directeur général de Beslogic. C’est ce papier que sa société de logiciels veut faire disparaître.

L’histoire commence il y a six ans, rapporte La Presse. Pratt & Whitney sollicite alors Beslogic pour l’aider à gérer l’imposant volume de documentation technique du motoriste. De cette commande naît ARI, une application qui donne accès à la bonne information en quelques clics. Un opérateur ou un mécanicien y trouve rapidement la procédure dont il a besoin.

«C’est un produit qu’on développe conjointement avec le domaine de l’aérospatiale et qui va changer carrément les choses, parce que présentement, tout est imprimé», explique M. Bessette.

Plus que de la recherche

ARI ne se contente pas de fouiller les manuels. L’outil analyse aussi les données d’entretien pour optimiser l’ordre des tâches et l’utilisation des ressources. Les journaux de maintenance, ces registres où l’on consigne chaque intervention sur un appareil, peuvent servir à repérer des tendances et à anticiper certains bris.

Pour une entreprise, chaque heure gagnée au hangar est une heure où l’avion vole et rapporte. Le dirigeant voit d’autres gains possibles, comme l’optimisation des routes et de la consommation de carburant, ce qui réduirait du même coup l’empreinte environnementale du secteur.

Il reconnaît toutefois qu’il reste beaucoup de travail. La priorité, selon lui, est ailleurs que dans les grands discours : «Je pense que la conversation devrait être : comment on peut produire plus, mieux, selon les ressources qui sont disponibles, puis s’assurer d’optimiser ça.» Les chaînes d’approvisionnement, rappelle-t-il, posent encore bien des défis.

Une solution qui garde les secrets à la maison

Le vrai obstacle, dans l’aérospatiale, tient à la propriété intellectuelle et à la sécurité des données. Fabricants et équipes d’entretien manipulent des renseignements techniques sensibles, parfois soumis à des règles strictes. Impossible de les confier à un outil grand public.

C’est là que Beslogic se démarque. Sa solution peut fonctionner directement dans les infrastructures du client, sans que les données sensibles quittent ses murs. Ailleurs, explique M. Bessette, la plupart des entreprises doivent envoyer leurs données dans l’infonuagique, c’est-à-dire sur des serveurs distants, pour entraîner un modèle avant de le rapatrier.

Une solution souveraine, donc, qui permet à une entreprise de garder le contrôle sur son savoir-faire.

L’humain aux commandes

Beslogic ne promet pas de remplacer les mécaniciens. L’entreprise mise sur un outil qui les épaule, et sa philosophie tient en une phrase.

«Notre approche, c’est plus une approche d’IA d’assistance, donc c’est d’aider l’humain dans son travail plutôt que de le remplacer», résume Yannick Bessette.

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