Aubin Pélissier et Groupe Noël fusionnent : 500 employés et 150 millions pour un géant du bâtiment
Les deux entreprises de mécanique du bâtiment, présentes à Québec, Montréal, Trois-Rivières et Laval, unissent leurs forces. Tous les postes sont maintenus, et des embauches sont prévues.

Tout a commencé par un problème que connaissent bien les entrepreneurs québécois : le manque de bras. Il y a environ deux ans, Jean-Paul Alexandre, président fondateur du Groupe Noël, cherchait de la main-d’œuvre. Il a pris contact avec un concurrent, Guy Tourigny, président d’Aubin Pélissier. Quelques repas plus tard, l’idée d’un mariage était sur la table.
« On est allés déjeuner deux ou trois fois pour se rendre compte que nos deux entreprises étaient vraiment complémentaires », raconte Guy Tourigny à La Presse.
Le résultat : un nouveau poids lourd de la mécanique du bâtiment, le métier qui regroupe la ventilation, la plomberie, le chauffage et la réfrigération. Le regroupement compte 500 employés et affiche un chiffre d’affaires de 150 millions de dollars, avec des établissements à Québec, à Montréal, à Trois-Rivières et à Laval.
Deux forces qui ne se marchaient pas sur les pieds
Même si elles exerçaient le même métier, les deux maisons ne se faisaient pas vraiment concurrence. Le Groupe Noël pouvait s’attaquer à de très grands chantiers de ventilation et de plomberie. Aubin Pélissier, de son côté, s’était distinguée par son service après-vente et par la réfrigération : elle emploie à elle seule 75 frigoristes, ces techniciens spécialisés dans les systèmes de froid.
Guy Tourigny, entré chez Aubin Pélissier il y a plus de 40 ans et qui en a gravi les échelons, devient chef de la direction du nouveau groupe. Jean-Paul Alexandre reste actionnaire et siégera au conseil d’administration à titre de conseiller.
Les deux marques continueront d’exister chacune de leur côté dans un avenir rapproché. « On a tellement des marques fortes qu’il y a un risque d’affaires d’en laisser tomber l’une ou l’autre », explique Guy Tourigny, qui n’exclut pas qu’une des deux disparaisse un jour.
Des emplois maintenus, d’autres à venir
Pas de mises à pied dans ce mariage. Tous les postes sont maintenus, et le groupe prévoit même embaucher au cours des prochains mois, dans la foulée de sa croissance. Selon son dirigeant, sa nouvelle taille lui permettra de décrocher de plus gros contrats, ce qui aidera au recrutement et donnera les moyens de continuer à investir dans l’entreprise.
C’est la logique d’une fusion réussie : grossir pour attirer les talents et viser des projets que chacune, seule, aurait eu du mal à porter. Une affaire d’entrepreneurs, conclue autour d’une table, sans attendre qu’un programme vienne régler le problème de main-d’œuvre à leur place.
Un parc public à bout de souffle
Du travail, il y en aura. Une bonne partie des bâtiments publics du Québec a été construite entre les années 1950 et 1970 et arrive au bout de sa durée de vie utile. Les écoles et les hôpitaux, par exemple, « ne sont souvent pas aux normes du tout, notamment en matière d’efficacité énergétique, ils connaissent des bris, des manques, beaucoup sont à refaire », constate Guy Tourigny.
Pour l’État, c’est une facture d’entretien qui s’accumule depuis longtemps. Pour une entreprise privée bien outillée, c’est un carnet de commandes. Le savoir-faire d’Aubin Pélissier en réfrigération est aussi très demandé : l’entreprise a participé au chantier du nouvel entrepôt frigorifique de Metro, à Terrebonne.
Quant à la remise à neuf des systèmes des écoles et des hôpitaux, Guy Tourigny n’hésite pas une seconde : « ça, c’est la spécialité du Groupe Noël ».


