dimanche 4 octobre 2026Édition du Québec
L’information sans complaisance.
En ce moment
Logement en Espagne : renouveler les baux de force et chasser les investisseurs ne bâtira aucun appartementPhénomena, 15e édition : Gaétan Paré prend la relève de D. Kimm avec 19 jours de cabarets et de découvertesVerstappen en tête à Sepang, Stroll 14e : les pneus piègent Mercedes au Grand Prix de Bahreïn délocaliséFracturé au Mondial, Ismaël Koné court de nouveau et vise un retour complet en décembre
Faits divers

Attentat de la rue Copernic : 46 ans après, des parties civiles réclament l’extradition d’Hassan Diab

Condamné par contumace à la perpétuité à Paris en 2023, l’universitaire libano-canadien vit toujours au Canada et nie les faits. L’avocat de 19 parties civiles et le CIJA pressent les gouvernements d’agir.

2 min de lecture
La synagogue de la rue Copernic, à Paris. Photo : Wikimedia Commons / Mu / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Quarante-six ans jour pour jour après l’attentat de la rue Copernic, à Paris, l’avocat de 19 parties civiles demande aux autorités françaises où en est la demande d’extradition visant Hassan Diab, un universitaire libano-canadien condamné en son absence, rapporte Radio-Canada, qui cite l’Agence France-Presse.

Le 3 octobre 1980, une bombe posée sur une moto avait explosé près de la synagogue de la rue Copernic, non loin de l’avenue des Champs-Élysées. L’attentat, jamais revendiqué, a fait quatre morts et plusieurs dizaines de blessés.

Une condamnation par contumace

Le 21 avril 2023, après trois semaines de débats et près de huit heures de délibéré, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné Hassan Diab, aujourd’hui septuagénaire, à la peine maximale, la réclusion à perpétuité. Le jugement a été rendu par contumace, c’est-à-dire en l’absence de l’accusé, et la cour a délivré un mandat d’arrêt contre lui.

Pendant le procès, l’accusation avait estimé que la perpétuité était la seule peine envisageable et qu’il était sans aucun doute possible l’auteur de l’attentat. La défense avait plaidé l’acquittement en demandant aux magistrats professionnels d’éviter une erreur judiciaire. Hassan Diab nie les faits qu’on lui reproche. Il n’a jamais été déclaré coupable par un tribunal canadien.

Les demandes des parties civiles

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Me Antoine Casubolo Ferro, avocat parisien de 19 parties civiles, affirme qu’Hassan Diab, refusant de venir s’expliquer à Paris, « coule des jours tranquilles au Canada ». Il souligne que les enfants qui se trouvaient à la synagogue et les proches des victimes attendent cette extradition depuis le verdict. Il pose la question directement au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, et au président Emmanuel Macron : « Où en est la demande d'extradition? »

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Canada (CIJA) porte un message semblable. « Il devrait y avoir extradition et il devrait y avoir transparence de la part du gouvernement du Canada », a déclaré à l’AFP Richard Marceau, vice-président principal et avocat de l’organisme. « C'est inacceptable qu'après 46 ans, justice n'ait pas été rendue », a-t-il ajouté.

Ce que permet le droit

Les règles diffèrent d’un pays à l’autre. La France n’extrade pas ses ressortissants. Le Canada, lui, peut le faire au cas par cas. Une éventuelle remise d’Hassan Diab à la France dépendrait donc d’une décision des autorités canadiennes.

L’affaire divise depuis des années. Des partisans d’Hassan Diab ont notamment lancé une pétition pour empêcher son extradition et organisé un événement à Ottawa en sa faveur avant le procès de Paris, selon des articles antérieurs de Radio-Canada. Le diffuseur public a aussi rapporté que M. Diab et sa famille poursuivent le gouvernement fédéral pour 90 M$.

Pour les familles des victimes, la question reste celle des conséquences : une condamnation prononcée par une cour française peut-elle demeurer sans suite pendant que son auteur présumé vit librement de l’autre côté de l’Atlantique?

La balle est maintenant dans le camp des gouvernements. Les sources consultées ne font état d’aucune réponse publique de Paris ni d’Ottawa à la question de l’avocat des parties civiles.

Infolettre gratuite

Le Briefing

L’essentiel de l’actualité québécoise, sans complaisance. Chaque matin à 6 h, lu en 5 minutes.

Désabonnement en un clic. Aucun partage de votre adresse.

À lire aussi