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Politique

Arrima : une anomalie informatique ferme par erreur 746 dossiers d’immigration au Québec

Le ministère de l’Immigration a confirmé qu’un problème dans sa plateforme Arrima a envoyé le 10 octobre des avis de fermeture erronés à 746 candidats à la résidence permanente. Ce n’est pas le premier raté de cet outil numérique.

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Des centaines de candidats à l’immigration ont reçu par erreur un avis de fermeture de leur dossier. Photo d’illustration. Photo : Zulfugar Karimov / Pexels (licence Pexels)

Une anomalie dans Arrima, l’outil numérique où Québec traite les candidatures d’immigrants, a fait partir le 10 octobre des avis erronés vers 746 candidats, a confirmé à Radio-Canada le ministère québécois de l’Immigration (MIFI). Ces candidats ont appris que leur demande de sélection permanente était expirée et que leur dossier avait été fermé, alors qu’il s’agissait d’une erreur du système.

Le message reçu ne laissait guère de place au doute. « Votre demande de sélection permanente est expirée et nous avons fermé votre dossier », pouvait-on y lire, avant une invitation à déposer une nouvelle déclaration d’intérêt.

Le ministère se veut rassurant. Sa directrice des communications, Christina Mirtcheva, affirme que les équipes sont « pleinement mobilisées afin d’apporter les correctifs nécessaires » et que les personnes touchées recevront une communication dans leur compte Arrima. Elles ne devraient pas avoir à recommencer leurs démarches, assure la porte-parole. « Le Ministère est très sensible aux préoccupations que ces communications ont pu susciter », a-t-elle ajouté.

Des candidats pris de court

Parmi eux, Arnaud Gauthier, d’origine française, préparait depuis des semaines son dossier pour le Certificat de sélection du Québec (CSQ), le document par lequel Québec choisit les immigrants économiques qu’il accueille. Ce dossier doit être soumis avant le 23 novembre 2026. Samedi matin, il n’y avait plus accès.

« On ne sait même pas si c'est un bogue, il n’y a aucune communication », a-t-il déploré. Un autre candidat, José Israël Salieron Maciel, originaire du Mexique et installé à Lévis, a reçu un avis semblable lui indiquant qu’il avait dépassé la date limite pour déposer ses documents. Il a ensuite constaté sur les réseaux sociaux qu’il était loin d’être seul.

Les candidats touchés passent par le nouveau programme destiné aux travailleurs qualifiés, successeur du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Les avocats dénoncent le silence du ministère

L’avocat en droit de l’immigration Maxime Lapointe dit avoir reçu plusieurs questions de clients dans la même situation, qui vivent selon lui une détresse importante. Me Soraya Blouin, qui occupe une vice-présidence à l’AQAADI, l’association des avocats québécois spécialisés en immigration, parle pour sa part d’une situation regrettable. « Je trouve que c’est extrêmement dommage », a-t-elle dit, en reprochant au ministère son manque de communication.

Faute d’explications, plusieurs immigrants se sont même demandé si la fermeture des dossiers avait un lien avec le changement de gouvernement, note la juriste. Des dizaines de personnes tentaient de joindre le MIFI depuis tôt samedi matin.

Ce que cela révèle

L’épisode dépasse l’inconfort d’une fin de semaine. Arrima n’en est pas à ses premiers ratés : en juillet, la réouverture du PEQ avait déjà été perturbée par un problème technique, le ministère ayant alors admis que l’affluence d’utilisateurs avait rendu l’accès plus difficile.

Pour le contribuable, la question est simple : un outil numérique de l’État qui flanche à répétition coûte deux fois, une première fois pour le bâtir, une seconde pour réparer ses erreurs, mobiliser des équipes et répondre aux appels. Le ministère n’a pas précisé ce que coûtera le correctif. Pour le Québec, qui dit vouloir attirer et retenir des travailleurs qualifiés, chaque avis erroné envoyé à un candidat déjà installé ici est aussi un mauvais message à des gens dont l’économie a besoin.

Me Lapointe presse le Parti québécois, désormais au pouvoir, de corriger les défauts connus de la plateforme. « Le prochain gouvernement doit traiter les immigrants avec un peu plus de dignité », a-t-il conclu.

Reste à voir si le nouveau gouvernement fera de la fiabilité d’Arrima une priorité, ou s’il faudra attendre la prochaine panne pour en reparler.

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