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AirAsia, plus gros client de l’A220, cherche 1 milliard US et fait douter les analystes

Cinq mois après la cérémonie de Mirabel, le transporteur malaisien est secoué par le prix du kérosène. Deux analystes jugent sa commande de 150 avions la plus à risque du carnet de l’A220.

2 min de lecture
Un Airbus A220-300. Photo : Acroterion / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

AirAsia, qui a commandé 150 A220-300 en grande pompe à Mirabel en mai, cherche maintenant 1 milliard US pour renflouer ses coffres, a rapporté La Presse.

La commande équivaut à près du quart du carnet de commandes de l’A220, c’est-à-dire de l’ensemble des avions commandés, mais pas encore livrés.

La pression du kérosène

Le transporteur malaisien à bas coût subit la flambée du prix du carburant d’aviation, l’une de ses principales dépenses, alimentée par la guerre en Iran.

Selon l’agence Reuters, citée par La Presse, le gouvernement malaisien aurait demandé à Malaysia Airlines et à Batik Air si elles pourraient absorber le volume d’AirAsia dans le pays advenant son effondrement.

Plus de 30 % de la flotte de la société mère était clouée au sol au 30 juin, dans le cadre d’un effort de réduction des coûts.

À la Bourse de Kuala Lumpur, le titre du propriétaire de la compagnie a chuté de 71 % depuis le début de l’année. Il se négocie autour de 18 cents.

Les analystes inquiets

« Les gouvernements ne font pas cela sans raison », a dit à La Presse Addison Schonland, fondateur de la firme AirInsight. « Il y a des raisons d’être préoccupé vis-à-vis de la commande d’A220. »

Richard Aboulafia, directeur d’AeroDynamics, partage cet avis. Selon lui, « c’est la portion [AirAsia] du carnet de commandes de l’A220 qui est le plus à risque ».

Les deux analystes rappellent un précédent. AirAsia devait figurer parmi les clients de lancement de l’A330neo, un gros-porteur à deux couloirs, avant de se rabattre sur des monocouloirs plus petits. « Au bout du compte, une mauvaise planification de la flotte est généralement synonyme de difficultés financières », résume l’un d’eux.

Airbus rassure

Airbus Canada affirme que le contrat a été signé en bonne et due forme. L’avionneur commence donc à planifier la production.

Le patron de la société mère, Tony Fernandes, maintient que l’entreprise garde le cap. En mai, il avait même évoqué 150 appareils de plus, dans une version allongée de l’A220 qui n’existe pas encore. « La chance sourit à ceux qui sont audacieux », avait-il répondu à La Presse au sujet de la flambée du kérosène.

La signature avait attiré à Mirabel le premier ministre Mark Carney et Christine Fréchette, alors première ministre du Québec.

Un précédent letton

Un contrat signé n’est pas une livraison. Air Baltic, transporteur national de la Lettonie et autre client important de l’A220, s’est placé à l’abri de ses créanciers le mois dernier pour restructurer sa dette.

Dans des documents judiciaires consultés par La Presse, la compagnie dit ne plus avoir les moyens d’acheter les 40 A220-300 prévus. Des dizaines d’annulations sont donc à prévoir.

Pour un programme célébré au plus haut niveau politique, la leçon est simple : la taille d’une commande compte moins que la santé financière du client qui la signe.

Prochain jalon : la capacité d’AirAsia à boucler son financement d’un milliard US.

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