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Santé

Activité physique : le Québec bouge moins, et ne mesure même pas sa forme réelle

Seuls 18 % des adolescents atteignent les recommandations d’activité physique. Des chercheurs déplorent qu’on ne mesure pas le principal signe vital des maladies chroniques.

2 min de lecture
Seuls 18 % des 12 à 17 ans atteignent les recommandations d’activité physique. Photo : Los Muertos Crew / Pexels

Faire du Québec « l’une des nations les plus en forme au monde » : l’objectif avait été lancé par Pauline Marois en 2014. Le gouvernement de Philippe Couillard a proposé son propre plan en 2017. Neuf ans plus tard, « c’est un constat d’échec », tranche Sébastien Théberge, président de SportsQuébec, cité par Radio-Canada.

Ce qu’on sait

Les données disponibles ne sont guère rassurantes. Selon une analyse de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) portant sur 2022-2023, seulement 18 % des jeunes de 12 à 17 ans atteignent les recommandations d’activité physique pendant leurs loisirs. À l’autre bout, 38 % sont considérés comme inactifs.

Une étude de l’Université de Sherbrooke, menée de 2012 à 2017, a comparé les résultats d’élèves au test navette de Luc Léger, le fameux « bip test », à des données de 1982. Résultat : une baisse de 30 % de la capacité fonctionnelle, c’est-à-dire la capacité d’effectuer un effort d’intensité modérée à intense.

« Le Québec dépense 84 milliards de dollars en santé. Les gens sont moins en forme que les générations d’avant », résume Ahmed Jérôme Romain, professeur à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal.

Ce qu’on ne sait pas

Pour Jean-Pierre Després, directeur scientifique du centre de recherche VITAM, affilié à l’Université Laval, le vrai problème est ailleurs : on ne mesure pas la forme physique. Les données de l’INSPQ et de l’Institut de la statistique du Québec proviennent de sondages, et non de tests.

Or, selon des organisations comme l’American Heart Association, une faible condition cardiorespiratoire, soit la capacité du cœur et des poumons à fournir de l’oxygène pendant l’effort, est le principal signe annonciateur des maladies chroniques. « Comment ça se fait que le signe vital numéro un ne soit pas mesuré quand vous allez voir votre médecin de famille? », s’interroge le chercheur.

La solution serait simple, selon lui : cinq minutes sur un vélo stationnaire ou un tapis roulant, à un effort comparable à une marche rapide. Si la fréquence cardiaque grimpe de façon exagérée, c’est un signe de mauvaise condition physique.

Prudence et pistes

Les chercheurs ne prétendent pas tout expliquer. Mais Ahmed Jérôme Romain estime que le portrait actuel est « déjà suffisamment scandaleux ». Il propose que les enfants bougent une heure par jour à l’école.

Kim Marois, directrice générale de l’organisme Fillactive, qui encourage les adolescentes à bouger, insiste sur une nuance : on peut ne pas aimer le sport sans renoncer à l’activité. Ce qui compte, c’est de bouger : « de ne pas être actif, ne pas être active, ça, c’est un grave problème de santé publique », dit-elle.

La prochaine étape, selon ces experts, serait de commencer par mesurer. Une politique de santé qui ignore son principal indicateur avance, en somme, les yeux bandés.

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