Action de grâce : le repas coûte 10 % de plus, deux organismes de Gatineau et d’Ottawa misent sur les dons
La Soupe populaire de Hull et la Mission d’Ottawa s’attendent à servir des centaines, voire des milliers de repas lundi. Malgré la hausse du prix de la volaille, ce sont les donateurs, les épiciers et la banque alimentaire qui tiennent la table.

Le souper de l’Action de grâce coûtera 10 % plus cher cette année qu’en 2025. C’est ce qu’estiment des chercheurs en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, dont l’étude note que la volaille affiche la plus forte hausse parmi les aliments du repas traditionnel. Dans l’Outaouais et à Ottawa, les organismes qui nourrissent les plus démunis encaissent le coup grâce à la générosité de leur communauté, a rapporté Radio-Canada.
À la Soupe populaire de Hull, on prévoit servir de 200 à 300 assiettes lundi, selon le directeur général, Michel Kasongo. Pour certains bénéficiaires, ce sera le seul repas de la journée.
La flambée des prix se fait sentir. « La hausse des prix a un impact sur nos préparatifs de cette journée quand même spéciale », reconnaît M. Kasongo. L’organisme tient le coup grâce à trois appuis : la banque alimentaire Moisson Outaouais, les épiceries qui lui cèdent leurs surplus et les dons des résidents. C’est ce qui lui permet d’absorber l’augmentation du coût de la volaille et des autres denrées, explique le directeur.
Le repas n’est pas tout. M. Kasongo insiste sur la chaleur humaine : à la Soupe, dit-il, on se parle comme en famille pour pouvoir fêter comme tout le monde. Une habituée de l’endroit constate d’ailleurs que la fréquentation augmente d’une année à l’autre à l’Action de grâce.
Un record à Ottawa
De l’autre côté de la rivière, la Mission d’Ottawa voit encore plus grand. Son directeur des services alimentaires, le chef Ric Watson, prévoit de servir lundi entre 2000 et 2500 repas, un record. Son équipe doit transformer 800 dindes, soit plus de 3000 kg de viande.
L’organisme a déjà distribué 16 000 repas avant le jour de la fête. Cette semaine, une camionnette de la Mission a fait le tour de la ville et s’est arrêtée dans une quarantaine de secteurs touchés par la pauvreté pour y offrir des repas.
« L’inflation est un problème pour tout le monde », lance le chef. Mais la Mission, elle aussi, peut compter sur des donateurs fidèles qui l’aident à préparer ses repas tous les jours. Pour bien des familles, résume M. Watson, le dilemme est brutal : « Ils doivent choisir entre le loyer et la nourriture. »
Ce que ça dit du coût de la vie
Ces chiffres racontent deux histoires. La première est celle d’un coût de la vie qui pèse lourd : quand un repas de fête grimpe de 10 % en un an, ce sont d’abord les ménages au budget serré qui écopent, et les organismes communautaires qui voient leurs files s’allonger.
La seconde est plus encourageante. Ni la Soupe populaire de Hull ni la Mission d’Ottawa ne décrivent l’aide d’un programme public comme leur bouée de sauvetage pour ce repas. Ce sont des épiciers, des banques alimentaires et des citoyens qui donnent de leur poche. Une communauté qui se prend en main, sans attendre une subvention, c’est une force qu’on aurait tort de sous-estimer.
Lundi, la Mission d’Ottawa a une promesse simple pour ceux qui franchiront sa porte. « Personne ne restera sur sa faim », assure le chef Watson.


