Abitibi-Témiscamingue : orignaux sur les routes et chasseurs en forêt, les autorités appellent à la prudence
En pleine saison de la chasse, le ministère des Transports rappelle aux conducteurs de ralentir là où la grande faune traverse, et Rouyn-Noranda demande aux chasseurs de partir préparés : en forêt, les secours peuvent tarder.

Sur la route 117, à Rouyn-Noranda, le secteur que les gens de la région appellent la côte Joannès est balisé de panneaux de signalisation, parfois sur une bonne distance. Ces affiches ne sont pas décoratives : elles marquent les endroits où les collisions avec des cervidés ont été les plus souvent signalées. En cette période de l’année, elles méritent toute l’attention des automobilistes.
C’est le message que relaie le ministère des Transports et de la Mobilité durable dans la région, rapporte Radio-Canada. Nicole Gaulin, conseillère en communication à la direction régionale du Ministère, invite les conducteurs à redoubler de vigilance là où la vue est limitée, dans les courbes et les pentes, et à lever le pied dans les zones où des animaux pourraient se trouver.
Rarement seuls
La conseillère rappelle un détail que bien des conducteurs oublient : un animal en cache souvent un autre. « Il faut se rappeler aussi que les cervidés se déplacent souvent en petits groupes », souligne-t-elle, en précisant que c’est particulièrement vrai du cerf de Virginie, beaucoup moins présent en Abitibi-Témiscamingue qu’ailleurs. La même prudence vaut pour les ours, qui peuvent être suivis de leurs oursons.
Quand un grand mammifère apparaît, même simplement près de la chaussée, elle recommande de donner plusieurs coups de frein pour avertir les véhicules qui suivent. Elle met en garde contre deux réflexes : le coup de volant brusque pour contourner la bête, et la confiance accordée au sifflet à chevreuil, un outil dont l’efficacité n’est pas démontrée, selon elle. « Le meilleur atout, ça demeure une attitude de conduite préventive », résume Nicole Gaulin.
La saison de chasse donne une idée de l’abondance de l’orignal dans le secteur : 2771 bêtes ont été récoltées en 2025 dans la zone 13, selon les chiffres rapportés par Radio-Canada.
En forêt, l’aide peut tarder
Loin des routes, ce sont les chasseurs eux-mêmes que les autorités municipales veulent sensibiliser. Le directeur de la sécurité publique de Rouyn-Noranda, Luc Tremblay, constate que l’afflux de gens en milieu isolé amène chaque automne son lot d’appels à l’aide. « On a toujours des situations qui font en sorte qu’avec le volume de personnes, il y a des risques supplémentaires, donc on a des appels récurrents à chaque année », explique-t-il.
Sa liste de consignes tient en peu de mots. D’abord, informer un proche de son plan, de l’endroit visé et des points d’entrée en forêt. Ensuite, emporter une trousse de premiers soins, un moyen de communication et un GPS, à condition de savoir s’en servir.
La raison est simple : retrouver quelqu’un ne règle pas tout. La coordination de plusieurs équipes, les distances et le terrain accidenté peuvent retarder le rapatriement. « À partir du moment où les gens sont localisés, ça ne veut pas dire qu’il y a une facilité à y accéder », prévient Luc Tremblay, qui évoque des plans d’eau à franchir pour atteindre certains chasseurs.
La responsabilité d’abord
Aucune de ces recommandations ne coûte cher. Un plan laissé à un proche, une trousse et un appareil de communication relèvent de la responsabilité de chacun, et ils peuvent épargner aux services d’urgence municipaux, financés par les contribuables, des recherches longues et coûteuses dans l’arrière-pays. Sur la route comme en forêt, le message des autorités revient au même : la meilleure protection est celle que l’on prépare soi-même.
D’ici la fin de la saison, les panneaux de la côte Joannès continueront de veiller sur la 117. Reste aux conducteurs à les prendre au sérieux.


