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Abitibi-Témiscamingue : le PQ rafle les trois circonscriptions, les conservateurs surgissent en force

Stéphane Tremblay, Sébastien D’Astous et Diane Dallaire siégeront pour le Parti québécois. Le PCQ termine deuxième dans deux circonscriptions et talonne la CAQ dans la troisième.

3 min de lecture
Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. Photo : Hayden Soloviev / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Trois circonscriptions, trois péquistes. L’Abitibi-Témiscamingue a envoyé une délégation complète du Parti québécois à l’Assemblée nationale lundi soir, et deux de ses nouveaux députés connaissent bien l’hôtel de ville, rapporte Radio-Canada.

Dans Abitibi-Ouest, le maire d’Amos, Sébastien D’Astous, a remporté une victoire sans appel avec 49,59 % des voix. Il ramène la circonscription au PQ après deux mandats de la caquiste Suzanne Blais, qui a glissé au troisième rang avec 15,36 %. Le conservateur Daniel Guillemette s’est classé deuxième avec 18,10 %. La participation a atteint 64,30 % des 35 317 électeurs inscrits.

Dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, l’ancienne mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, l’emporte avec 36,62 %. La caquiste Béatrice Déry (18,71 %) devance de justesse le conservateur Francis Lapointe (18,29 %). Mme Dallaire répète vouloir décentraliser les décisions, un problème qu’elle avait constaté à la mairie, et promet de ne pas oublier le Témiscamingue.

Abitibi-Est change de mains

La lutte la plus intéressante s’est jouée dans Abitibi-Est. Nouveau venu en politique, Stéphane Tremblay a obtenu 34,65 % des voix et une majorité de 2583 votes. Le député sortant, Pierre Dufour, qui portait cette fois les couleurs libérales après avoir siégé comme indépendant, a terminé troisième avec 20,68 %. La CAQ (12,5 %) et Québec solidaire (9,4 %) ont fermé la marche.

La surprise est venue du conservateur Jean-Philip Girard, deuxième avec 22,20 %, alors qu’il était arrivé en fin de campagne. Pierre Dufour l’a lui-même reconnu : selon lui, ce candidat n’avait même pas participé aux activités de visibilité. Son parti a pourtant dépassé les libéraux, sur une terre minière où le message de l’autonomie et du développement des ressources trouve visiblement preneur.

« Maintenant, il faut faire le travail. Ça commence maintenant », a déclaré Stéphane Tremblay à Radio-Canada. Son premier dossier? La crise de l’itinérance. Le nouvel élu a remercié les 7192 électeurs qui ont voté pour lui. Le taux de participation a été de 63,29 % des 33 465 inscrits.

Le dossier des redevances

Pierre Dufour quitte avec un message pour son successeur. Après huit ans comme député, il dit s’être battu pour les redevances, ces sommes que l’État perçoit sur l’exploitation des ressources naturelles. Tous les partis en ont parlé dans leur plateforme, a-t-il souligné. « Au PQ maintenant de le faire aboutir », a-t-il lancé, en disant espérer que Sébastien D’Astous assume ce rôle.

C’est là que la région attendra ses trois députés au tournant. L’Abitibi-Témiscamingue fait rouler une bonne partie de l’économie du Québec avec ses mines et ses forêts. Elle veut que la richesse qu’elle crée profite aussi aux gens qui la produisent, sans que de nouveaux prélèvements fassent fuir les investisseurs qui font vivre Amos, Rouyn-Noranda et le Témiscamingue.

Un gouvernement minoritaire

Les trois élus siégeront au sein d’un gouvernement minoritaire du Parti québécois. Cela veut dire que chaque projet de loi devra rallier au moins une partie de l’opposition. Avec des conservateurs en deuxième place dans Abitibi-Est et Abitibi-Ouest, la région aura un œil sur les deux camps.

Du côté de Québec solidaire, Sara Germain dit avoir espéré mieux que les sondages, mais promet de continuer à militer.

Le maire d’Amos et l’ex-mairesse de Rouyn-Noranda passent donc à Québec. En Abitibi, on connaît la chanson : à Québec, il faut parler fort pour se faire entendre. La région vient d’envoyer deux personnes qui ont l’habitude de négocier avec le gouvernement. Reste à voir si elles parleront aussi fort de l’autre côté de la table.

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